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	<title>Commentaires sur : La grande fracture de l&#8217;humanité annonce la singularité et le retour des nomades !</title>
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		<title>Par : Nicolas</title>
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		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2009 19:26:44 +0000</pubDate>
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		<description>[désolé] en lisant le titre de ton/votre billet (dans la veille de Narvic reprise sur Nuesblog) j&#039;ai cru lire du Attali. A relire donc :)
[/désolé]</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>[désolé] en lisant le titre de ton/votre billet (dans la veille de Narvic reprise sur Nuesblog) j&#8217;ai cru lire du Attali. A relire donc <img src='http://emergenceweb.com/blog/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /><br />
[/désolé]</p>
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		<title>Par : Vallier Lapierre</title>
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		<dc:creator>Vallier Lapierre</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2009 15:44:04 +0000</pubDate>
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		<description>En matière de futurologie, Kurzweil me fait penser, en plus ambitieux, à Peter Schwartz qui a publié en 1999 «The Long Boom: A Vision for the Coming Age of Prosperity» ou à George Gilder qui a commis pour sa part en 2002 «Telecosm: The World After Bandwidth Abundance». Tous deux ont eu droit aussi à de longs articles dans Wired. Le premier avait d&#039;ailleurs échafaudé ses élucubrations dans un article publié d&#039;abord dans Wired en 1997 sous le titre «The Long Boom: A History of the Future, 1980 - 2020» http://www.wired.com/wired/archive/5.07/longboom.html.

Selon Schwartz, l&#039;utilisation massive des technologies de l&#039;information nous permettait d&#039;accéder enfin à un monde caractérisé par une croissance sans interruption. À ses yeux, la possibilité de produire quasiment sur demande nous accordait le pouvoir d&#039;éliminer les inventaires et donc les cycles économiques en ajustant constamment l&#039;offre à la demande. Beau en théorie, mais difficilement applicable dans la pratique comme l&#039;ont démontré immédiatement après l&#039;éclatement de la bulle Internet et sept ans plus tard l&#039;entrée dans la dépression actuelle, deux phénomènes auxquels ne sont pas étrangères non plus les dites technologies de l&#039;information. Gilder a anticipé trop vite pour sa part l&#039;impact de l&#039;omniprésence de la large bande passante (loin de s&#039;être rendue jusqu&#039;à domicile au Canada et aux États-Unis encore jusqu&#039;à maintenant) et s&#039;est attiré le courroux des investisseurs qui ont suivi ses conseils et investi dans les sociétés de télécommunications qui voulaient y pourvoir.

On sait depuis longtemps que les futurologues pèchent pour la plupart par la trop grande linéarité du changement induit par les suites de causes à effets que leur cervelle produit. Ils ne tiennent pas du tout compte de la théorie du chaos qu&#039;ils connaissent sans nul doute à coup sûr. Schwartz fait pourtant partie d&#039;un courant de la futurologie qui l&#039;a prise en compte pour conclure à l&#039;impossibilité de prévoir l&#039;avenir de façon incontestable. C&#039;est trop complexe. C&#039;est pourquoi ce courant préfère fonctionner avec trois scénarios contrastés pour mieux voir les possibles : celui du meilleur qui pourrait arriver, celui du pire et le scénario du milieu incorporant des données des deux précédents.

Dans la réalité, c&#039;est le troisième scénario qui se produit la plupart du temps. Tout ceci parce que l&#039;évolution ne comporte pas que des bons côtés. Il y a toujours des «trade-off». On suppose qu&#039;il y aura progrès en imaginant que les avantages l&#039;emporteront sur les inconvénients. En nous reportant au contexte actuel (et en gardant le nez beaucoup trop collé sur la vitre, je vous l&#039;accorde), c&#039;est même loin d&#039;être certain. Je vous renvois là-dessus à un article de Kevin Kelly (ex-éditeur de Wired jusqu&#039;en 1999 que l&#039;on peut difficilement accuser d&#039;être un «luddite»), «Why Technology Can&#039;t Fulfill» http://www.kk.org/thetechnium/archives/2009/06/why_technology.php , où il explique que les Amish ont une meilleure qualité de vie que les gens les plus branchés.

Kurzweil a raison de penser que des découvertes fabuleuses vont émerger (terme approprié sur ce blogue) de la rencontre de la physique, de la biologie et de la chimie dans l&#039;exploration de la dimension inférieure à 100 nanomètres. Google et la NASA n&#039;ont pas besoin d&#039;endosser toutes ses fantaisies pour l&#039;encourager. Il y aura certainement des retombées. Après tout, le premier roman de science-fiction de la littérature anglaise, Frankenstein, ne s&#039;est pas trompé sur toute la ligne puisque les greffes d&#039;organes sont devenues monnaie courante un siècle et demi plus tard.

À mes yeux, Kurzweil et les transhumanistes sont mus par un désir semblable à celui des alchimistes qui aspiraient à contourner les lois de la nature pour réussir l&#039;impossible.  Je trouve Howard Bloom (auteur de «The Lucifer Principle» et «Global Brain») plus éclairant quant à notre destinée collective. Je résume sa pensée : les hommes (par extension, tous les membres d&#039;une même espèce vivante) sont mortels afin que l&#039;humanité puisse se perpétuer. Vouloir y contrevenir nous exposerait à bouleverser l&#039;équilibre naturel de la même manière que nous y sommes déjà arrivés en étant la cause des changements climatiques actuels.

Il faut se méfier de nos ambitions démesurées. Sous ce rapport, il n&#039;y a pas que les dinosaures et les passéistes qui s&#039;inquiètent. Bill Joy, co-fondateur de Sun Microsystems qui en fut son chef scientifique jusqu&#039;en 2003, a publié cette même année dans Wired (qui n&#039;a pas toujours des lunettes roses face à l&#039;innovation heureusement) un article magistral, «Why the future doesn&#039;t need us» http://www.wired.com/wired/archive/8.04/joy.html , où il nous mettait en garde contre les dangers des nanotechnologies à défaut d&#039;appliquer un principe de précaution dans leur développement. Plusieurs autres chercheurs prestigieux n&#039;ont pas eu peur de s&#039;ériger à l&#039;encontre des rêves échevelés de leurs confrères au risque de passer pour des réactionnaires finis. Martin Rees, astrophysicien britannique célèbre, a donné en 2003 également 50% de chances à l’humanité de survivre au-delà du présent siècle dans son livre «Our Final Hour». Jacques Blamont, physicien français qui a travaillé pour la NASA et le projet Ariane en Europe, broie encore plus de noir. Dans «Introduction au siècle des menaces», livre paru en 2004, il ne voit pour sa part aucune issue pour échapper à l’une ou l’autre des nombreuses finales horribles qui pèsent sur nos têtes comme autant d’épées de Damoclès.

En pensant à l&#039;avenir, j&#039;aime donc autant m&#039;en remettre à une synthèse des visions les plus optimistes et les plus pessimistes à la fois. Les chances de voir juste m&#039;apparaissent ainsi plus sûres.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>En matière de futurologie, Kurzweil me fait penser, en plus ambitieux, à Peter Schwartz qui a publié en 1999 «The Long Boom: A Vision for the Coming Age of Prosperity» ou à George Gilder qui a commis pour sa part en 2002 «Telecosm: The World After Bandwidth Abundance». Tous deux ont eu droit aussi à de longs articles dans Wired. Le premier avait d&#8217;ailleurs échafaudé ses élucubrations dans un article publié d&#8217;abord dans Wired en 1997 sous le titre «The Long Boom: A History of the Future, 1980 &#8211; 2020» <a href="http://www.wired.com/wired/archive/5.07/longboom.html" rel="nofollow">http://www.wired.com/wired/archive/5.07/longboom.html</a>.</p>
<p>Selon Schwartz, l&#8217;utilisation massive des technologies de l&#8217;information nous permettait d&#8217;accéder enfin à un monde caractérisé par une croissance sans interruption. À ses yeux, la possibilité de produire quasiment sur demande nous accordait le pouvoir d&#8217;éliminer les inventaires et donc les cycles économiques en ajustant constamment l&#8217;offre à la demande. Beau en théorie, mais difficilement applicable dans la pratique comme l&#8217;ont démontré immédiatement après l&#8217;éclatement de la bulle Internet et sept ans plus tard l&#8217;entrée dans la dépression actuelle, deux phénomènes auxquels ne sont pas étrangères non plus les dites technologies de l&#8217;information. Gilder a anticipé trop vite pour sa part l&#8217;impact de l&#8217;omniprésence de la large bande passante (loin de s&#8217;être rendue jusqu&#8217;à domicile au Canada et aux États-Unis encore jusqu&#8217;à maintenant) et s&#8217;est attiré le courroux des investisseurs qui ont suivi ses conseils et investi dans les sociétés de télécommunications qui voulaient y pourvoir.</p>
<p>On sait depuis longtemps que les futurologues pèchent pour la plupart par la trop grande linéarité du changement induit par les suites de causes à effets que leur cervelle produit. Ils ne tiennent pas du tout compte de la théorie du chaos qu&#8217;ils connaissent sans nul doute à coup sûr. Schwartz fait pourtant partie d&#8217;un courant de la futurologie qui l&#8217;a prise en compte pour conclure à l&#8217;impossibilité de prévoir l&#8217;avenir de façon incontestable. C&#8217;est trop complexe. C&#8217;est pourquoi ce courant préfère fonctionner avec trois scénarios contrastés pour mieux voir les possibles : celui du meilleur qui pourrait arriver, celui du pire et le scénario du milieu incorporant des données des deux précédents.</p>
<p>Dans la réalité, c&#8217;est le troisième scénario qui se produit la plupart du temps. Tout ceci parce que l&#8217;évolution ne comporte pas que des bons côtés. Il y a toujours des «trade-off». On suppose qu&#8217;il y aura progrès en imaginant que les avantages l&#8217;emporteront sur les inconvénients. En nous reportant au contexte actuel (et en gardant le nez beaucoup trop collé sur la vitre, je vous l&#8217;accorde), c&#8217;est même loin d&#8217;être certain. Je vous renvois là-dessus à un article de Kevin Kelly (ex-éditeur de Wired jusqu&#8217;en 1999 que l&#8217;on peut difficilement accuser d&#8217;être un «luddite»), «Why Technology Can&#8217;t Fulfill» <a href="http://www.kk.org/thetechnium/archives/2009/06/why_technology.php" rel="nofollow">http://www.kk.org/thetechnium/archives/2009/06/why_technology.php</a> , où il explique que les Amish ont une meilleure qualité de vie que les gens les plus branchés.</p>
<p>Kurzweil a raison de penser que des découvertes fabuleuses vont émerger (terme approprié sur ce blogue) de la rencontre de la physique, de la biologie et de la chimie dans l&#8217;exploration de la dimension inférieure à 100 nanomètres. Google et la NASA n&#8217;ont pas besoin d&#8217;endosser toutes ses fantaisies pour l&#8217;encourager. Il y aura certainement des retombées. Après tout, le premier roman de science-fiction de la littérature anglaise, Frankenstein, ne s&#8217;est pas trompé sur toute la ligne puisque les greffes d&#8217;organes sont devenues monnaie courante un siècle et demi plus tard.</p>
<p>À mes yeux, Kurzweil et les transhumanistes sont mus par un désir semblable à celui des alchimistes qui aspiraient à contourner les lois de la nature pour réussir l&#8217;impossible.  Je trouve Howard Bloom (auteur de «The Lucifer Principle» et «Global Brain») plus éclairant quant à notre destinée collective. Je résume sa pensée : les hommes (par extension, tous les membres d&#8217;une même espèce vivante) sont mortels afin que l&#8217;humanité puisse se perpétuer. Vouloir y contrevenir nous exposerait à bouleverser l&#8217;équilibre naturel de la même manière que nous y sommes déjà arrivés en étant la cause des changements climatiques actuels.</p>
<p>Il faut se méfier de nos ambitions démesurées. Sous ce rapport, il n&#8217;y a pas que les dinosaures et les passéistes qui s&#8217;inquiètent. Bill Joy, co-fondateur de Sun Microsystems qui en fut son chef scientifique jusqu&#8217;en 2003, a publié cette même année dans Wired (qui n&#8217;a pas toujours des lunettes roses face à l&#8217;innovation heureusement) un article magistral, «Why the future doesn&#8217;t need us» <a href="http://www.wired.com/wired/archive/8.04/joy.html" rel="nofollow">http://www.wired.com/wired/archive/8.04/joy.html</a> , où il nous mettait en garde contre les dangers des nanotechnologies à défaut d&#8217;appliquer un principe de précaution dans leur développement. Plusieurs autres chercheurs prestigieux n&#8217;ont pas eu peur de s&#8217;ériger à l&#8217;encontre des rêves échevelés de leurs confrères au risque de passer pour des réactionnaires finis. Martin Rees, astrophysicien britannique célèbre, a donné en 2003 également 50% de chances à l’humanité de survivre au-delà du présent siècle dans son livre «Our Final Hour». Jacques Blamont, physicien français qui a travaillé pour la NASA et le projet Ariane en Europe, broie encore plus de noir. Dans «Introduction au siècle des menaces», livre paru en 2004, il ne voit pour sa part aucune issue pour échapper à l’une ou l’autre des nombreuses finales horribles qui pèsent sur nos têtes comme autant d’épées de Damoclès.</p>
<p>En pensant à l&#8217;avenir, j&#8217;aime donc autant m&#8217;en remettre à une synthèse des visions les plus optimistes et les plus pessimistes à la fois. Les chances de voir juste m&#8217;apparaissent ainsi plus sûres.</p>
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		<title>Par : Vincent François</title>
		<link>http://emergenceweb.com/blog/2009/04/la-grande-fracture-de-lhumanite-annonce-la-singularite-et-le-retour-des-nomades/comment-page-1/#comment-17355</link>
		<dc:creator>Vincent François</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 20:50:20 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour,

Intéressant, mais un peu complaisant avec un ordre sans humain qui ferait fonctionner le monde.  J&#039;ai entendu Ray Kurweil lors d&#039;une conférence sur les handicaps et la technologie à Los Angeles en 2007 qui nous expliquait qu&#039;avec la croissance exponentielle, les handicaps humains seraient réglés à terme.

C&#039;était séduisant, expliqué avec enthousiasme, mais il manquait deux sujets à sa présentation : le sens du handicap qui n&#039;était plus pour lui qu&#039;une déficience mécanique à réparer ou remplacer, et surtout la crise écologique et le réchauffement climatique, totalement absents du discours.

La crise économique et l&#039;augmentation des écarts de revenus ne sont pas tombés du ciel : ce sont les produits de décisions concertées, d&#039;absence de décisions, de choix, d&#039;aveuglements d&#039;humains conscients, constamment combattus par d&#039;autres humains encore plus conscients.

La crise écologique aussi.  Brûler du pétrole, croire en une croissance illimitée dans un monde fini, sont des choix acceptés, mesurés, pour lesquels de nombreuses alertes ont été documentées, des alternatives proposées (MCN21, http://mcn21.org par exemple).

Je comprends bien que le développement exponentielle de la technologie nous donne le vertige, nous fasse imaginer notre rôle dans un ordre plus grand - nous diminuant d&#039;autant. Mais si c&#039;est pour nous décharger des responsabilités de la destruction que nous nous imposons, ça n&#039;est pas très utile.

Si le futur de l&#039;humanité, c&#039;est de devenir des cyborgs munis de prothèses indispensables pour survivre dans le monde qui sera pollué par leur production...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,</p>
<p>Intéressant, mais un peu complaisant avec un ordre sans humain qui ferait fonctionner le monde.  J&#8217;ai entendu Ray Kurweil lors d&#8217;une conférence sur les handicaps et la technologie à Los Angeles en 2007 qui nous expliquait qu&#8217;avec la croissance exponentielle, les handicaps humains seraient réglés à terme.</p>
<p>C&#8217;était séduisant, expliqué avec enthousiasme, mais il manquait deux sujets à sa présentation : le sens du handicap qui n&#8217;était plus pour lui qu&#8217;une déficience mécanique à réparer ou remplacer, et surtout la crise écologique et le réchauffement climatique, totalement absents du discours.</p>
<p>La crise économique et l&#8217;augmentation des écarts de revenus ne sont pas tombés du ciel : ce sont les produits de décisions concertées, d&#8217;absence de décisions, de choix, d&#8217;aveuglements d&#8217;humains conscients, constamment combattus par d&#8217;autres humains encore plus conscients.</p>
<p>La crise écologique aussi.  Brûler du pétrole, croire en une croissance illimitée dans un monde fini, sont des choix acceptés, mesurés, pour lesquels de nombreuses alertes ont été documentées, des alternatives proposées (MCN21, <a href="http://mcn21.org" rel="nofollow">http://mcn21.org</a> par exemple).</p>
<p>Je comprends bien que le développement exponentielle de la technologie nous donne le vertige, nous fasse imaginer notre rôle dans un ordre plus grand &#8211; nous diminuant d&#8217;autant. Mais si c&#8217;est pour nous décharger des responsabilités de la destruction que nous nous imposons, ça n&#8217;est pas très utile.</p>
<p>Si le futur de l&#8217;humanité, c&#8217;est de devenir des cyborgs munis de prothèses indispensables pour survivre dans le monde qui sera pollué par leur production&#8230;</p>
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