Entreprises sociales: voici venu le temps de la «gamification»…

Hier, en travaillant sur la page Facebook de la conférence Boule de cristal, je suis tombé par hasard (lire sérendipité) sur une pub de la compagnie Bunchball annonçant son logiciel Nitro spécialisé en «gamification». Oups… Mon attention s’est tout de suite portée à ce bas de page (voir capture d’écran ci-dessous).

gameorigin

Car il y a trois mois à Paris, lors de la conférence LeWeb11, j’avais entendu la VP Social Business Sales & Evangelism chez IBM, Sandy Carter venir dire que «the name of the game is gamification». En effet, elle était invitée à participer à un panel sur l’entreprise sociale, panel animé par l’ami Richard Collin. Et justement en réponse à une question de Richard qui lui demandait quelle serait «the next Big Thing» en entreprise, elle n’a pas hésité à répondre la «gamification». comme vous pourrez l’entendre è 15m21s de la vidéo du panel à LeWeb11:

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Imaginez… (comme je l’écrivais dans le billet précédent) Les entreprises en sont toujours à se demander ce que sont les médias et réseaux sociaux et voilà que la VP en charge de la stratégie «social business» d’IBM, le navire amiral de l’entreprise sociale (on ne dit plus entreprise 2.0) avec Salesforce, vient dire qu’en plus des blogues, wikis, réseaux socio-professionnels, idéagoras, mashups et magasins d’applications en interne, on devra compter avec ce nouveau phénomène issu tout droit de plates-formes telles que FourSquare

En fait, c’est quoi au juste la «gamification». En plus de ce qu’en dit Wikipedia, le mot le dit un peu car il y a «game» dedans soit le jeu. C’est d’utiliser le jeu pour toucher nos désirs et besoins, soit en tant que consommateurs, soit en tant qu’employés et faire en sorte que nous ayions une expérience plus engageante, plus complète et satisfaisante avec un produit, une application ou un service. Et c’est relié directement à l’arrivée de la génération Y sur le marché du travail.

gamegraph

Comme vous le voyez sur ce tableau, on utilise classements, défis, biens virtuels, niveaux, points et même badges.

Voici comment commence le livre blanc publié par Bunchball et disponible sur son site, une des entreprises qui se spécialise dans la conception de ces jeux pour entreprises et qui travaille entre autres avec Salesforce et IBM:

«How Businesses can use Gamification to Engage & Motivate Gen Y Employees and, in the Process, Benefit Everyone.

The emergence of Generation Y, people born from the early eighties to mid-nineties, as a demographic force is driving dramatic change in education, technology, media, and most critically, at work. Gen Y makes up 25% of the workforce today, and their numbers are growing rapidly.

These new entrants into the workforce expect even more from their work experience than their Gen X and Baby Boomer counterparts, making it imperative that businesses understand the unique characteristics of this group, and how to best engage and motivate them.

In this white paper we’ll discuss the most salient characteristics of Gen Y for managers to be aware of, in particular their affinity for games and social media. We will also show how that knowledge can be used to design systems and processes that not only engage and motivate Gen Y, but also better engage all employees.»

Gestion du changement, engagement total, motivation, reconnaissance, statut social et professionnel sont les mots-clés de cette nouvelle tendance qui s’alourdira au fil des prochains mois. Je vous invite à prendre quelques minutes pour visionner la vidéo ci-dessous. Elle explique clairement ce qu’est la gamification et ses avantages pour les entreprises:

totalengagement

C’est cela que Sandy Carter a compris et c’est pour cela qu’IBM ainsi que Salesforce travaillent avec Bunchball et sa plate-forme Nitro (voir ci-dessous).

bunchballmontage

Cette entreprise n’est pas la seule dans ce nouveau marché en pleine émergence (j’aime ce mot). il y a aussi RedCritterTracker, qui est basée sur SilverLight de Microsoft et donc peut interagir avec plusieurs des produits du géant de Redmond. Voyez aussi leur vidéo qui explique leur produit mais aussi le concept. À voir les badges pleuvoir, on pense tout de suite à Foursquare. Justement, on se demandait à quoi pouvait bien servir cette plate-forme de SoLoMo (Social, local et mobile). Là on comprend que le modèle d’affaire peut se transposer en entreprise sous une toute autre forme.

Et où mènera cette nouvelle tendance ? À mon avis, à l’introduction graduelle en entreprise du «Serious Gaming» et du «Digital Game Based Learning» dans les institutions d’enseignement et dans les centres de formation comme c’est déjà le cas pour plusieurs forces armées dont celles des USA, de France et du Canada. Et vous savez peut-être si vous êtes gamer ou gameuse, que des jeux en ligne comme World of Warcraft (WoW) sont en train de former une toute nouvelle classe de travailleurs et de gestionnaires.

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Car ce jeu en ligne propose de faire des quêtes et pour les réaliser, les joueurs doivent se regrouper en guildes avec des membres qui possèdent des expertises différentes. Le leader, souvent un niveau 85 ne gardera par son autorité et son leadership tout au long de la quête. Au contraire, les membres vont se passer le leadership en fonction de l’expertise requise à tel moment pour réaliser une des étapes.

Dans le milieu du travail, on appelle ça des équipes de projet multidisciplinaires qui travaillent en collaboration ouverte…

3 commentaires sur “Entreprises sociales: voici venu le temps de la «gamification»…”

  1. entreprise 2.0 | Pearltrees dit:

    [...] Imaginez… (comme je l’écrivais dans le billet précédent) Les entreprises en sont toujours à se demander ce que sont les médias et réseaux sociaux et voilà que la VP en charge de la stratégie «social business» d’IBM , le navire amiral de l’entreprise sociale (on ne dit plus entreprise 2.0) avec Salesforce, vient dire qu’en plus des blogues, wikis, réseaux socio-professionnels, idéagoras, mashups et magasins d’applications en interne, on devra compter avec ce nouveau phénomène issu tout droit de plates-formes telles que FourSquare … émergenceweb : blogue » Entreprises sociales: voici venu le temps de la «gamification»… [...]

  2. Weave Digital Review – 03.04.2012 | weave Blog dit:

    [...] plus engageante, plus complète et satisfaisante avec un produit, une application ou un service » serait « the next bing thing » selon Sandy Carter (Vice President, Social Business Evangelism and Sales, IBM). La preuve avec World of Warcraft (le [...]

  3. émergenceweb : blogue » IBM: Comment vendre l’entreprise sociale grâce la conférence virtuelle… dit:

    […] quatre grandes tendances en entreprises et je me serais attendu à entendre parler de ludification, un des chevaux de bataille de Sandy Carter. Mais bon… Il a surtout été question d’infonuagique et de collaboration par la […]

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