Intranets et RSE mêmes combats: intégrer et changer de culture !

Bon… Ça me titille depuis que j’ai assisté au lancement du livre «Les médias sociaux en entreprise», co-écrit par Marie-Claude Ducas, Martin Lessard et Guillaume Brunet. Oui, ça me titille de faire un billet sur les fameux RSE (réseaux sociaux d’entreprise) et la nuance à faire avec leur présence «EN» entreprise, soit avec l’intranet traditionnel et les autres écosystèmes de communication, de collaboration, d’innovation, de gestion, d’applications et de virtualisation internes.

photoRSE

Premier titillement : je trouve dommage que le livre collectif des trois auteurs ci-haut nommés ait ce titre car ce n’est pas le bon, ça frôle même le fausse représentation. Faut pas le prendre mal mais à sa lecture il devient évident qu’il porte sur les médias sociaux POUR les entreprises, leur utilisation et leur gestion à l’externe. Il n’est en rien associé aux RSE ou l’intégration EN INTERNE, donc en entreprise, de réseaux sociaux à la LinkedIn. Tant qu’à acheter un livre sur le sujet, je vous suggère plutôt celui à gauche sur la capture d’écran ci-haut, intitulé «Les réseaux sociaux d’entreprise 101» écrit par le français Anthony Poncier.

Et ce qui me titille encore plus c’est de voir des vendeurs d’usines à gaz, ou si vous préférez de solutions à la Jostle, faire l’amalgame entre ces fameux RSE et tous les écosystèmes décrits plus haut. Là plus qu’ailleurs ça frise la fausse représentation. Un RSE n’est pas un intranet même si Jostle aspire à en devenir un et se présentait comme tel jusqu’à tout dernièrement. Maintenant la «punch line» sur le site a changé pour : «What intranets always dreamed of…». On a rêvé de bien des choses autres qu’un RSE… Et non, les intranets ne sont pas morts avec l’arrivée des outils du 2.0. Comme je l’écrivais dans le billet que je re-publie ci-dessous en le bonifiant, il ne font qu’évoluer.

Intranet et RSE, c’est quoi au juste ?

Mais juste avant de passer au dit billet, je me dois tout d’abord de définir ce qu’est l’intranet de même que les fameux RSE. D’une part, l’intranet est selon ma propre définition un «écosystème fédérateur et maintenant devenu collaboratif, qui se sert d’une interface Web (navigateur) pour intégrer les contenus, les bases de données, les systèmes et la technologie de façon à permettre aux gestionnaires et aux employés d’accéder au bagage complet d’information et d’outils dont ils ont besoin pour bien faire leur travail».

Par contre le RSE ou réseau socioprofessionnel interne est selon Wikipédia : «un service de communication réservé à un groupe délimité (entreprise, association, communauté) utilisant des fonctions identiques à celles des réseaux sociaux publics (le profil individuel, les messages postés sur un mur, les forums, wiki, conversations, partage de documents, videos, liens internet…) et, pour les solutions les plus évoluées, des outils collaboratifs dédiés à la veille, la gestion de projets..

L’intranet  constitue donc l’écosystème d’entreprise dans lequel vient s’insérer un nouveau service de type collaboratif ou 2.0 si vous préférez. Donc en réalisant cette intégration, l’intranet ne disparait pas mais il évolue comme le dit si bien l’ami Bertrand Duperrin :« L’intranet social (ou 2.0) n’est pas tant la prise du pouvoir du réseau social qu’une socialisation des grands piliers de l’intranet traditionnel : information, personnes, outils métiers. Ce n’est pas tant l’adjonction de nouveaux outils que la généralisation de nouveaux services, de fonctionnalités à toutes ses composantes.»

Cela clarifié, passons à l’intranet lui-même et son futur 2.0 ou pas… En fait, tout part, comme je l’écrivais dans un billet le 1er décembre 2011, d’un texte commis par Toby Ward président de Prescient Digital sur Intranet Blog avec comme titre:«IBM’s Galactic Intranet Redesign ? The Death of the Intranet»:. Cet article porte en fait sur l’important travail de refonte qui se fait actuellement sur le site intranet d’IBM, communément appelé W3 et qui est un des plus avancés au monde.

L’intégration avec un grand I

Ce que Ward explique dans son billet c’est qu’IBM pense maintenant en fonction d’un seul écosystème Web intégrant aussi bien l’Internet, l’intranet et les extranets. Drôle de retour vers le futur car le second ouvrage collectif que nous avons commis en 2005 portait exactement sur le même sujet soit l’intégration des 3 Nets. Pour plus d’infos cliquez sur l’image ci-dessous et surtout lisez le paragraphe de présentation !

int3nets

Depuis 2005, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du Web et des intranets. Mais de là à annoncer la mort de ces derniers, comme l’a déjà fait Jostle et certains autres vendeurs d’usines à gaz? Possiblement pour le plus avancé de tous qui lui prend la direction de l’intégration des 3 Nets ou de la convergence, si vous préférez… Mais il neigera plusieurs années avant que nos intranets québécois en arrivent à ce constat.

D’ailleurs, le même Toby Ward a corrigé le tir avec un autre billet intitulé:«The intranet isn’t dead, it’s evolving». En effet, il est bien plus question de les faire évoluer, de les adapter à un nouvel écosystème en devenir, celui de l’Entreprise 2.0 (ou entreprise sociale) et de sa mémoire corporative. Par la suite et comme je l’ai écrit dans un billet en juillet 2011, il faudra penser à un portail évolutif et complètement intégré aux processus et ouvert sur l’Internet et sur des extranets spécialisés pour les fournisseurs et clients et cela, nourri par des magasins d’applications ou services, consommables à la demande.

Mais cela, c’est une vision du futur qui ressemble à celle qu’ont eu les IBMers. En fait, lisez par vous-mêmes une partie du manifeste qu’ils ont publié et que Ward a reproduit :

“No longer is there a single information workplace. No longer are we bound by the strict confides of a firewalled digital destination. The way we work transcends the binary notions of ‘internal’ and ‘external’. The body of knowledge we access and to which we contribute is now globally distributed across individuals, communities and disciplines. And our communication is constant, immediate and ubiquitous.

The vehicle through which we interact with our colleagues, customers and communities of practice needs to reflect this shift. As an organization, we must reconceive how to serve and empower a global workforce – professionally and culturally – in a way that enables everyone to achieve his or her full potential.

W3 must change to serve the expanding needs of IBMers by seamlessly integrating with IBM.ocm – evolving from distinct toolkit to integrated service; from a walled garden to a mode of engagement. W3 can become the service through which digital citizens (users/employees) engage to make the world work better.

In the future, w3 will cease to be a separate destination for IBMers. Instead, it will seamlessly integrate into IBM.ocm and the Web, serving as the frame through which they relate to their colleagues, the enterprise, their clients and partners. It will inspire and enable each of them to be a steward and standard-bearer of the IBM brand.

This service will exist as a series of permissioned information modes, customized to perfrom a variety of functions:

  • As a private space (Individual) for IBMers to be served, supported and advised by IBM
  • As a forum for dialogue (Enterprise), collaboration and learning with IBM
  • As an inviting workspace (Partner) for the communities of practice both inside and outside of the company
  • As a clearinghouse (Global) for essential information, news and content»

Bon, c’est clair pour eux: un écosystème favorisant les échanges de toute nature professionnelle entre les employés, l’entreprise, ses fournisseurs, ses actionnaires et ses clients. Cette proposition n’est pas assimilable par tous loin de là. En effet et à court terme, IBM risque d’être longtemps seule dans ce coin du carré de sable… Les millions d’intranets existants vont en effet continuer à opérer, à se raffiner, à devenir plus sociaux, plus utiles, plus collaboratifs, moins complexes à utiliser, avec des données plus facilement recherchables. Le rôle des responsables intranet va lui aussi évoluer pour intégrer non plus seulement la gestion des édimestres mais aussi des gestionnaires de communautés et des curateurs de contenus.

Mais le changement de culture vers une véritable intégration qui signifie aussi plus d’ouverture et de transparence de la part des entreprises, n’est pas à nos portes.

C’est d’ailleurs un des points sur lequel insiste beaucoup Sandy Carter en conférence et aussi dans son récent bouquin, intitulé «Get Bold». Au chapitre 2 du livre et à la «slide» 7 de sa présentation, elle parle de l’importance d’aligner la culture et les objectifs de l’organisation et elle en fait la première lettre de son AGENDA (ci-dessous). Bien sûr, Sandy Carter, c’est IBM mais comment dire… Ce n’est pas pour rien que cette entreprise est considérée comme le navire amiral du Social Business. En plus d’en parler, ils mettent en pratique. Comme dirait Fred Pellerin, les babines suivent les bottines…

agenda

Je vous cite juste un passage de ce chapitre sur la gestion du changement de culture organisationnelle : « A Social Business is also transparent. With transparency as a mean to a goal, this changes the way decisions are made. In an organization where hierarchy is the norm for the culture, this decision making that is now more transparent, democratic, and consensus-based may not survive if the culture is not modified

Les usines à gaz…

Pour les vendeurs de solutions tout en un ou «usines à gaz», changement organisationnel ou pas, les prochaines années vont donc être commercialement très rentables, Mais à longue échéance, ils feraient mieux de prendre garde… Un de ces derniers, encore une fois Jostle (voir capture ci-dessous) incite même de potentiels clients à se débarrasser de leur «dead intranet». Ils devront faire attention car l’alternative à la mort de l’intranet n’est résolument pas dans leurs solutions tout inclus, derrière le pare-feu de l’entreprise, du moins pour les grandes entreprises ou organismes gouvernementaux et para-gouvernementaux.  Pour les petits et les nouveaux peut-être…

montagevendeurs

Ce que fait IBM présentement va dans le même sens que ce que proposera bientôt Google, SalesForce, SAP et aussi plus tard probablement Microsoft: favoriser L’INTÉGRATION «pour le moment dite sociale» !!! Si j’étais encore en charge de la stratégie intranet de mon entreprise, je regarderais sérieusement de ce côté…

Et j’entends plusieurs me dire: «Que fais-tu des logiciels libres?» . Encore là, un oui hypothétique pour les petites et moyennes entreprises, pour les associations et OSBL mais pour les grandes comme pour les gouvernements, le paradigme et surtout les mentalités en Ti sont encore difficile à changer comme le démontre cette intervention récente de la FACIL qui se débat encore avec les réticences du gouvernement du Québec et ses ministères à appliquer la loi 133.

En passant, j’ai cherché la définition du RSE dans le livre d’Anthony Poncier. Dans la table des matières on identifie cette définition comme étant faite à la page 39. Il y a bien deux pages de textes sur le sujet mais pas de vraie définition de ce qu’EST un réseau socioprofessionnel d’entreprise. Dommage… Outre cette absence, je dois avouer que le livre est fort pratique pour les responsables intranet ou de stratégie Web d’entreprise. Mais attention: comme mentionné en couverture, c’est du 101 mais très complet !

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais j’ai trouvé le moyen de parler de quatre bouquins dans un billet de blogue. Non, non, je ne suis pas critique littéraire…

 

3 commentaires sur “Intranets et RSE mêmes combats: intégrer et changer de culture !”

  1. Anthony Poncier dit:

    Merci Claude pour la référence, j’espère que tu as apprécié l’ouvrage

  2. Jon Husband dit:

    Marketing and the messages it inspires and/or requires is a tricky business at the best of times .. never more so than when we have a significant range of services, tools and platforms all jostling with each other for attention, interest and space.

    Merci, Claude, pour tes perspectives sur la différentiation entre intranet et RSE, et l’élucidation de ces perspectives-la.

  3. émergenceweb : blogue » Intranet vs RSE: confusion des genres et/ou implantation prudente ? dit:

    […]  http://emergenceweb.com/blog/2012/11/intranets-et-rse-memes-combats-integrer-et-changer-de-culture… […]

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