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Les médias sociaux et la perte de productivité des employés? Mon oeil…

2 août 2009

C’est dimanche et la pluie tombe allègrement dehors. Je m’installe à mon bureau et redonne vie à mon ordinateur portable. Première destination virtuelle, mes agrégateurs iGoogle et Netvibes, question de faire le tour de l’actualité, ce qui m’amène sur les pages du New York Times où je lis « Serendipity, Lost in the Digital Deluge ». Une bonne entrée en matière qui me pousse à la twitter. J’ouvre donc ma console TweetDeck et hop! je refile à la communauté dominicale. C’est à ce moment que cette dernière, en retour, me refile ce qui suit: @ChicagoDesign: Employers need to set rules on use of electronic social media http://bit.ly/171Mau.

Le lien amène à un article, paru ce matin dans le journal Sacramento Bee et où le journaliste Mark Glover est tout content d’écrire que les médias sociaux nuisent à la productivité des employés et en prend pour témoins deux personnes interviewées soit une avocate de la Chambre de commerce locale et une présidente d’agence de PR-Marketing locale. Donc, personne des entreprises elles-mêmes. Pourtant, à Sacramento, capitale de l’État de Californie, il doit bien y en avoir quelques-unes, sinon le gouvernement lui-même…

L’essence du propos vient donc étayer le titre « Employers need to set rules on use of electronic social media ». En principe, je suis d’accord et je travaille avec mes clients dans le même sens quand le besoin s’en fait sentir, car il y a en effet des cas d’abus. Mais si une entreprise se voit dans l’obligation de réguler, donc de réagir, c’est qu’elle n’a pas été pro-active…

Comme le montre ce graphique tiré d’une étude de Nemertes Research, parue l’an dernier, près de 50 % des entreprises bloquent ou encouragent, donc, ont un semblant de politique envers les médias et réseaux sociaux externes. Plus de 50 % ne font rien, par indifférence ou par ignorance…Donc oui, une politique mais qui ne soit pas conçue uniquement par des juristes, des spécialistes RH ou de communication interne mais en collaboration avec les employés, avec les super-utilisateurs qui sont les futurs responsables de communautés internes. En fait, le problème n’est pas de savoir s’il faut ou non se doter d’une politique d’utilisation des médias et réseaux sociaux externes.

La question cruciale pour les entreprises est plutôt de savoir si elle doit se doter d’une stratégie d’intégration des usages du Web 2.0 en interne, ce que l’on nomme maintenant une stratégie entreprise 2.0 ou encore une reconfiguration de l’intranet d’entreprise.

Lors d’une récente conférence prononcée à Lille, LA ville des grandes entreprises françaises de distribution (Castorama, La Redoute, Auchan, etc.) j’ai identifié 262 groupes d’employés d’Auchan sur Facebook et posé la question: Pourquoi sur Facebook et pourquoi autant?

… Parce que les employés n’ont pas la possibilité de « réseauter » en interne. Ce n’est pas sorcier pourtant… Donnons aux employés la possibilité de participer à un RÉSEAU PROFESSIONNEL INTERNE et d’y découvrir les expertises de leurs pairs, la possibilité de travailler en équipe en wiki au lieu de perdre du temps dans les réunions et les échanges improductifs de versions de documents Word par courriel, la possibilité de soumettre leurs idées sur le développement d’un nouveau produit ou sur l’amélioration d’un processus de travail et d’être ainsi reconnu par l’entreprise et leurs pairs dans une idéagora d’innovation interne.

Alors, je vous gage un 20$ qu’ils ne ressentiront pas l’appel de Facebook ou de YouTube. Pas besoin de gager gros car il suffit de comprendre ce qui se passe chez IBM. Même si Big Blue s’est dotée d’une politique d’utilisation externe, elle s’est surtout appliquée sa propre médecine 2.0 en interne avec des résultats on ne peut plus probants comme le montre le tableau ci-dessous:

Et aussi ce tableau,car IBM a aussi sa propre idéagora interne nommée ThinkPlace. Voyez d’ailleurs ce que cette dernière a généré en gains de productivité justement! Oh en passant, des canaux de WebTV en interne, ça existe aussi…

Coïncidence, quelques minutes après avoir lu le reportage dans le journal californien et surtout, un peu enragé par les propos des soi-disant spécialistes en médias sociaux (le sujet d’un prochain billet), je suis tombé sur un autre billet portant sur la perte de productivité associée aux médias sociaux, celui-ci écrit par Joshua-Michéle Ross, dans le O’Reilly Radar. Encore là, même vision tronquée de la réalité:

« Ever since I posted a how-to on establishing guidelines for social media in the workplace, the issue that has generated the most energy concerns productivity. Employers it seems are very worried about lost productivity due to social media usage (Facebook, Twitter etc.).».

Au lieu de s’inquiéter de la perte de productivité due à l’usage des médias et réseaux sociaux externes, les employeurs auraient tout avantage à penser aux gains de productivité inhérents à une stratégie globale de collaboration, d’innovation et de création de mémoire à l’interne,soit les trois fondements de l’entreprise 2.0, fondements qui ne peuvent cependant être mis en place sans l’appui

d’un solide Plan de communication et de gestion du changement et d’une formation adéquate aux nouveaux outils de travail que sont les wikis, les réseaux professionnels, les idéagoras, la Web TV et autres…

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#ParisLille 2- Il manque toujours un je-ne-sais-quoi…

10 juin 2009

Il faut donc, en ce second billet post-mortem, que je vous parle de mes ami(e)s de chez Bouygues Télécom. Mais pas seulement d’eux. Aussi du groupe concurrent dans les télécoms, soit SFR car ces derniers ont profité d’une fusion pour réviser toute la communication interne de la stratégie aux outils en passant par les messages. Une part importante a été faite à la refonte de l’intranet. SFR est ainsi passée à l’intranet 2,0 avec «My SFR». (Je vous le répète, les Français aiment les termes anglais).

Par contre, je ne parlerai pas de la Caisse d’épargne et de l’excellente prestation des ami(e)s Cécile Baudel et Éric Blot. J’attends plutôt que leur expérience soit terminée avant de vous en parler dans un billet distinct. Alors, c’est quoi ce nouvel intranet à saveur 2.0 chez SFR ?

En fait, il est très simple et structuré autour de trois outils. Le premier est un blogue centré autour de l’information sur l’actualité de SFR et de son environnement. Les employés peuvent commenter l’actualité de l’entreprise, réagir sur des dépêches Reuters mises en ligne. Ils peuvent également poster des articles avec des photos, des vidéos, des liens sur des thèmes choisis : SFR et son marché, les innovations et tendances, l’entreprise responsable, l’actualité RH, offres, produits et évènements.

Le deuxième outil est une boite à idées 2.0, intitulée «Vos idées». Il s’agit de dépasser la boite à idées classique. Les RH proposent des thématiques. Par exemple, pour la semaine du développement durable, ils ont demandé : « Quelles sont les idées que vous auriez que nous n’avons pas eues ? » Un peu vague comme question. C’est peut-être la raison pourquoi Jean-Marie Vinas, responsable de la communication interne, a parlé de résultats mitigés pour cette agora d’idées

Enfin, le troisième outil est inspiré des réseaux sociaux. Il propose un espace communautaire, baptisé «Vous» dans lequel chaque employé peut bâtir son profil (expérience professionnelle, formation, centres d’intérêt…) de façon libre. Ce profil est public et doit permettre aux employés de se retrouver autour d’un intérêt commun en termes de travaux transversaux. Dans cette partie du site, conçue avec l’éditeur de gestion du recrutement Jobpartners, il est également possible de détailler son projet professionnel et de le rendre visible uniquement par les responsables des ressources humaines. Un employé peut alors exprimer ses souhaits d’évolution professionnelle, tout au long de l’année, sans attendre les entretiens annuels.

Et parce qu’un bon outil n’a d’intérêt que s’il est utilisé, SFR n’a pas lésiné sur les moyens pour faire connaitre auprès de ses employés leur nouvel intranet. Ainsi, les trois directions qui ont fait partie du pilotage du projet (ressources humaines, communication et informatique) mentionnent systématiquement l’existence du nouvel intranet 2.0 dans toutes leurs actions de communication interne.

Sauf que lors de sa présentation à la conférence parisienne, Jean-Marie Vinas s’est borné à présenter du texte et aucune capture d’écran des outils. Un peu endormant… C’est en faisant quelques recherches que j’ai fini par trouver l’image publiée ci-haut. Je ne sais pas pour vous mais en terme de graphisme, on a déjà vu mieux…

Enfin, Bouygues Télécom…

Pour en revenir à nos amis de chez Bouygues Télécom, je ne les avais pas revus depuis 2005, lors d’Intracom Paris. Déjà, il y a quatre ans, leur intranet avait les fameux 12 mois d’avance sur ceux du Québec. En fin de conférence, donc, je suis assis à la même table ronde que Sarah Alezrah ainsi que l’ami Richard Collin, prof à l’école de management de Grenoble et aussi spécialiste de l’entreprise 2.0 et le tout, animé par Thierry Do Espirito.  Vous dire que je n’ai pas été surpris par les interventions de Sarah et surtout quand elle a présenté leur plate-forme vidéo interne «Wooby Motion» en référence à la concurrente française de YouTube, Dailymotion

En terminant sur la rencontre annuelle des responsables communication interne, je remarque que même si les entreprises françaises ont pris de l’avance dans l’intégration des stratégies et outils du Web 2.0, il manque toujours un je-ne-sais-quoi, un formalisme hiérarchique qui inhibe les vrais usages 2.0. Lors de la table ronde, j’ai insisté sur la nécessité pour les communicateurs de se remettre en question et de faire évoluer leur pratique en communication interne. Pourtant, il y a toujours cette résistance à laisser l’initiative aux employés dans la communication.

Une intervention en particulier de Michel Abitteboul, m’a fait penser à Andrew Keen et ses remarques vitrioliques dans son bouquin sur le Culte de l’amateur... Aux RH comme en communication, reste encore un noyau dur qui résiste et dont les membres s’estiment toujours les seuls «professionnels» en mesure de maitriser les messages en entreprise et aussi les seuls à bien conseiller la direction  dans leur communication verticale. La hiérarchie, surtout en France, se porte plutôt bien, hélas…

Prochain billet : direction Lille…

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#ParisLille 1- Oui, l’entreprise 2.0 existe en France !

9 juin 2009

Habituellement, quand je fais une série de conférences en France ou ailleurs, j’ai le temps de faire quelques billets d’ambiance et aussi professionnels. Cette fois-ci, l’horaire a été tellement chargé qu’il m’a fallu m’en remettre exclusivement à Twitter et Twitpic pour couvrir mes conférences et déplacements. Reste qu’à postériori, je peux me permettre de faire en quelques billets-bilan, le post-mortem comme diraient les Chinois…

Mais avant d’entrer plus avant dans ce que nous avons surnommé Philippe, Michelle et moi le «Québec 2.0 European Tour 2009», je vous indique les liens sur les flux Twitter qui résument l’ensemble de l’odyssée, vue aussi bien par nous que par nos cousins Français. Ainsi, les #hashtags sont : #ParisLille et #cousins2.0.

Lucie Escalier, mon moi-même et Constance Dufresne

Donc, première conférence à Paris avec deux interventions de planifiées à la rencontre annuelle des responsables communication interne, habituellement organisée par Céline Boittin d’Infopromotions. Cette dernière n’y était pas cette année car en congé maternité, ayant donné naissance à un nouveau Français. J’ai donc fait la connaissance de sa remplaçante Lucie Escalier et renoué avec la discrète mais efficace Constance Dufresne.

Faut dire que je suis un habitué car c’est au moins la troisième fois que j’y interviens et suis ainsi en mesure de constater l’évolution des usages de la communication interne en France car évolution il y a. En effet, je note une définitive avance dans les usages 2.0. En effet, comme l’an dernier, j’ai été en mesure de voir des entreprises et sociétés qui ont intégré une bonne partie  des outils que j’ai identifiés comme étant nécessaires à la création d’une mémoire d’entreprise.

Je note trois cas particuliers. Le premier c’est IBM France.  Rien de bien étonnant dans ce cas, car Big Blue s’est positionnée depuis longtemps comme le navire amiral de l’entreprise 2.0. Tout de même, Willem Gabilly est arrivé avec des chiffres intéressants, qui m’ont permis de mettre à niveau ma propre présentation.

Ainsi, en date de mars 2009, Blog Central comptait 16 000 blogues actifs avec 144 000 entrées et 70 000 utilisateurs. Wiki Central pour sa part comptait 26 800 wikis actifs avec 394 000 utilisateurs et surtout 58 300 contributeurs et plus de 523 000 pages ! Encore plus impressionnant : l’outil de messagerie instantanée Sametime enregistre 4 millions de messages par jour !!!

Réseautage professionnel

L’outil interne de réseautage professionnel BluePages  compte plus de 600 000 profils et les employés y effectuent chaque semaine pas moins de 1 200 000 recherches. Il s’est ainsi créé 1800 communautés actives comptant plus de 147 000 membres. Parmi ces communautés, il faut noter Beehive et BlueIQ, cette dernière pour partager sur les bonnes pratiques mais surtout ThinkPlace. Cette dernière est utilisée comme idéagora pour générer de l’innovation.

J’ai beaucoup écrit sur ce concept, mis de l’avant pas Don Tapscott dans son bouquin Wikinomics. Chez IBM, les résultats sont impressionnants : Depuis 2005, la communauté a enregistré près de 20 000 idées ont été soumises par les employés. Plus de 600 (627) ont été déployées permettant ainsi à IBM de faire des gains estimés à 727 millions $US.

Le cas Société Générale

Mais IBM n’est pas seule en France à paver la voie à l’entreprise 2.0. J’ai fait la découverte de deux autres qui ont presque autant de mérite. Le première est la Société Générale. Voici comment la responsable de l’intranet et des outils collaboratifs, Viviane Garrigos, définit la pénétration des outils du Web 2.0 chez cette vénérable institution financière qui compte 163 000 employés de 122 nationalités différentes, dont 63 % hors de France.

Outils déployés
Blog : quelques expériences peu concluantes
Wiki : plus de 300 espaces ouverts à ce jour. Une plateforme Groupe en cours de mise en place.
Bookmarking : échanges de favoris
Photo sharing : une photothèque Groupe
Mash ups
T’Chat
En cours de tests
Mondes virtuels
Réseaux sociaux
Folksonomie
Portail personnalisé

N’en mettez plus, la cour est pleine… Quand je vous dis que les entreprises en Europe ont 12 mois d’avance sur celles du Québec. C’est ce genre d’exemple qui en est la preuve éclatante. Intéressant aussi les usages de ces outils. Étant une institution financière, la SG les utilise justement pour faire face à la crise et ainsi délivrer ses messages plus rapidement, pour s’adresser à l’ensemble des employés et à la génération Y, pour identifier les « leaders » d’opinion, recueillir des commentaires, des feedback des employés, favoriser l’échange et le partage.

La SG a aussi un embryon d’idéagora, soit un site dans son intranet dédié à la veille et l’innovation et appelé InnovaTech ainsi qu’un projet de communauté assez particulier. Nommée «Ambassadors» (les Français adorent les termes anglais), la première communauté expérimentale regroupe les 800 «top managers» ou gestionnaires de haut niveau du Groupe, dont 20 % en France et 80 % à l’étranger (le fameux 80/20). 82 pays sont ainsi connectés à la plateforme.

L’objectif ?  Initier les échanges dans la communauté, susciter la découverte des profils des Ambassadors, solliciter les managers pour qu’ils travaillent ensemble et collaborent autour de thématiques communes. Mais aussi permettre à chacun des membres de prendre la parole, partager une expérience, poser une question à l’ensemble de la communauté, commenter tout type de contenu crée par d’autre membre, engager la réflexion et l’échange et finalement simplifier la recherche et la localisation des expertises…développer un réseau.

Ce que j’ai aussi aimé c’est la réponse faite par Valérie à une question de la salle qui portait sur la perte de contrôle des communications sur les messages et surtout sur le fait que les employés pouvaient dire un peu n’importe quoi sans balises. Valérie a rétorqué que les employés de la SG s’auto-régulaient, aussi bien sur les blogues que dans les wikis et en clavardage (T’chat). Une autre preuve de ce que nous tentons de convaincre nos clients ici au Québec.

Et que dire de mes ami(e)s de chez Bouygues… Là aussi on parle blogues, wikis, Mi, réseaux sociaux et idéagoras. Mais assez écrit… La suite dans le prochain billet

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Entreprise 2.0 : combler le retard au Québec passe par webcom et les idéagoras !

16 mai 2009

Intéressante coïncidence cette semaine. Je suis interviewé le lendemain de webcom-Montréal par Renaud-Édouard Baraud de l’Atelier.fr. Il est question de faire le bilan de cette édition de la conférence et de marquer le chemin parcouru depuis ses débuts à l’automne 2006. À cette occasion, nous avions accueilli 60 personnes contre 575 mercredi dernier, dont 33 conférenciers qui, pour plus du tiers, provenaient de l’étranger…

Une partie de la grande salle à l’OACI qui qui a accueilli les participants à webcom le 13 mai
Photo de Frédéric Harper

Et à l’automne 2006, peu de gens avaient entendu parler de Web 2.0 et encore moins d’entreprise 2.0. La première conférence avait donc servi à faire découvrir le phénomène. Ce qui n’est plus le cas maintenant. Les participants qui s’inscrivent, veulent maintenant entendre parler de meilleures pratiques et d’études de cas concrets. Quelle différence et quel chemin parcouru depuis…

La place du Québec dans la mouvance Web 2.0

Ce qui nous a amenés à discuter de la place du Québec dans la mouvance Web 2.0. À webcom, Renaud avait posé la question à Michelle Blanc qui avait répondu que nous avions deux ans de retard…  En réponse, donc, je précise que pour ce qui est de l’intégration des technologies et stratégies du Web 2.0 en entreprise, ce que l’on appelle communément l’Entreprise 2.0, le Québec a un retard d’environ 18 mois sur nos Voisins du Sud et de 12 mois sur l’Europe, dont la France, un retard qui tend à se combler grâce, entre autres, à webcom. Cela, je l’ai dit à plusieurs reprises depuis mon billet sur le Québec immobile et la grande noirceur en décembre 2006.

Ce retard s’explique de multiples façons. C’est autant économique que technologique mais c’est aussi culturel. Pour résumer, les entreprises québécoises se sont assises sur leurs investissements intranet faits entre 1995 et 2001, soit avant l’éclatement de la Bulle technologique. Ces investissements ont été importants puisqu’ici, on a privilégié les solutions 1.0, dites «propriétaires». Parlez-en à Cyrille Béraud qui poursuit le gouvernement du Québec.

On a aussi privilégié l’intégration aux architectures technologiques issues de l’informatique des années 70 et 80 et donc intégré des solutions lourdes, complexes et coûteuses soit les IBM, Microsoft et SAP de ce monde. Culturel aussi car au Québec, on a mis l’emphase sur l’information et les outils de travail, efficacité oblige pour suivre l’exemple de nos Voisins du Sud d et de l’Ouest, alors qu’en Europe et surtout en France, on a privilégié la collaboration et le eLearning.

MAJ

Et que dire du retard numérique et du manque de vision politique de nos élus, ce qui a généré l’initiative en faveur d’une politique du numérique au Québec… C’est d’ailleurs revenu au centre de l’actualité en ce long WE avec une série d’articles dans Le Devoir, dont celui-ci. J’ai donc réagi en commentaire et dirigé les lecteurs vers un billet que j’ai commis en juillet 2008 et intitulé : L’avenir du Québec passe-t-il par le numérique ? Réponse : OUI !

Bref, pour prendre connaissance de l’ensemble de mon propos en entrevue, je vous suggère de consulter le site de l’Atelier.fr.  L’entrevue n’y est pas encore mais ça ne devrait pas tarder. En passant, vous y retrouverez toute une série d’entrevues réalisées dans le cadre de webcom. Une très belle et bonne couverture…

De la pénétration du Web 2.0 en entreprise

Bref, coïncidence, ce matin je tombe sur un lien qui m’a été refilé par Carlos Diaz, le PDG et co-fondateur de Blue Kiwi. Un lien sur une étude faite par la firme américaine Forrester sur l’adoption des outils du Web 2.0 par les entreprises, aux USA et en Europe.

Pour Forrester, l’Amérique du Nord équivaut aux USA et quelques compagnies canadiennes de Toronto… Bref, on y voit que l’adoption y est presque similaire, à quelques mois près… C’est plutôt dans les outils que l’usage doit différer mais cette étude ne fait pas cette corrélation. à part le tableau ci-haut, toutes les autres données sont amalgamées… On les amalgame sur l’usage de 10 outils : blogues, wikis, fils RSS, micro-blogging, réseaux profesionnels, idéagoras, «mashups», podcasts, forums et mondes virtuels.

Des surprises….

Et sans surprise, Forrester constate que les grandes entreprises sont plus enclines à déployer ces outils que les PME et que les principaux usages anticipés sont pour le partage de connaissances, les communications corporatives et la gestion de projets. Mais ce qui surprend c’est qu’un très faible pourcentage d’employés utilisent ces outils quand il sont déployés : Un employé sur 10 utiliserait un blogue ou un wiki comparativement à quatre sur dix pour le portail intranet. 4/10 pour l’intranet ? Franchement j’aurais pensé à une proportion plus élevée…

Et une autre surprise m’attendait… L’an dernier, Forrester identifiait les wikis et les fils RSS comme les outils du Web 2.0 les plus utilisés dans les entreprises nord-américaines (voir mon billet sur les wikis). Ce que montre la tableau ci-haut c’est que les podcasts et les idéagoras ont fait une formidable poussée au cours de la dernière année. Les podcasts sont les précurseurs de la Web TV. Les idéagoras, pour leur part, sont générateurs d’innovation et l’outil parfait pour faire face à la crise économique. Reste à voir à quel usage on les emploie : à l’externe ou à l’interne ? Cela l’étude ne le dit pas…

J’ai gardé, comme pour les Smarties (les rouges), le meilleur pour le fin. Plusieurs fournisseurs de solutions Web 2.0 ou même Intranet 2.0 s’évertuent à reproduire le modèle développé par leurs prédécesseurs du 1.0 soit d’offrir à leurs clients potentiels des produits «tout-en-un», des produits qui offrent en un seul «logiciel» ou plate-forme, tous les outils mentionnés par Forrester. Pourtant, les entreprises, de leur côté, ont compris que les outils du Web 2.0 sont modulaires et donc, ont tendance à les implanter séparément, au fur et à mesure que les besoins émergent.

Le responsable de l’étude chez Forrester, Oliver Young, ne semble pas comprendre… Voici ce qu’il écrIt:

«Despite aggressive overall adoption rates, few firms expect to take a holistic approach to Enterprise 2.0 tools — they will deploy single point products instead of sets of tools (see Figure 2). The economics of Enterprise 2.0 are in favor of suites of tools, as end user value rises and prices fall with suites; however, few frms are thinking along these lines yet. Of those firms planning to use Enterprise 2.0 sofware in 2009, 54% will deploy just one or two tools. As a consequence, all the tools will see lower adoption than Enterprise 2.0 overall (see Figure 3).»

Finalement, si on se reporte une fois de plus à la figure 3, il est clair que le phénomène du micro-blogging ne trouve guère d’utilisateurs ou de promoteurs en entreprise, n’en déplaise à Laura Fitton ainsi qu’aux produits développés à cette fin tels que Yammer. Que Twitter ait connu une fulgurante croissance y est, à mon avis, pour quelque chose. En effet, que les vedettes de la télé ou du cinéma y gloussent de plaisir ne fait rien pour générer le sérieux nécessaire. Il faudra que les fonctionnalités soient intégrées dans un autre outil, tels que les réseaux professionnels, pour que leur emploi croisse dans les entreprises et vienne remplacer la messagerie instantanée.

Ce que je tiens à souligner en terminant, c’est l’importance du phénomène des idéagoras et de la Web TV. Ce sont, à mon avis, les deux outils qui domineront le Web 2,0 en entreprise au cours des prochains mois ! Déjà, certains fournisseurs de solutions Web 2.0, tels que Awak’iT ont compris…

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De la nature de mon «coming out» professionnel…

14 mai 2009

Voici la nature de mon «coming out», fait hier soir dans le cadre du Yulbiz-spécial organisé dans le cadre de webcom-Momtréal et repris dans un communiqué.de presse. En passant, je vous reviens demain avec le premier d’une série de billets sur le webcom et ses à-cotés…

CLAUDE MALAISON, LE PIONNIER DE L’ENTREPRISE 2.0,
ET DANY THIBAULT, SPÉCIALISTE EN ÉVÉNEMENTIEL, SE JOIGNENT
AU CABINET DE RELATIONS PUBLIQUES ALLARD HERVIEU COMMUNICATION

Montréal (Québec), le 14 mai 2009 – Allard Hervieu Communication est heureuse d’annoncer la nomination de deux conseillers d’expérience au sein de son équipe : Claude Malaison, un des leaders de la communication interactive et des médias sociaux au Québec, ainsi que Dany Thibault, spécialiste en événementiel.

« L’arrivée de Claude Malaison au sein de notre équipe, à titre de directeur principal, Entreprise 2.0, confirme notre désir d’offrir un service de relations publiques des plus complets avec des outils innovateurs et à la fine pointe, a affirmé Marie-Françoise Hervieu, associée principale chez Allard Hervieu Communication. Avec l’expertise de Claude Malaison et de Dany Thibault, notre offre de services aux entreprises se trouve doublement bonifiée du point de vue des communications internes et externes. »

Considéré comme l’un des pionniers de l’intranet au Québec et l’une des sommités mondiales  en ce qui  a trait à l’intégration des technologies du Web 2.0 en entreprise, Claude Malaison était, depuis 2005, le président d’ÉmergenceWeb.

« Mon expertise au sein du cabinet permettra d’aider nos clients à mettre en place de nouvelles stratégies Web et des outils novateurs tels que les blogues, wikis, réseaux sociaux et idéagoras, a expliqué Claude Malaison. La communication interactive vise à rendre plus efficaces et plus actuelles les communications internes et externes, avec l’utilisation de stratégies faisant appel aux outils interactifs et aux médias sociaux et c’est ce que je suis fier d’apporter à l’équipe. »

En plus de sa participation rédactionnelle active à différents blogues, Claude Malaison dirige une série d’ouvrages collectifs depuis 2002, dont L’intranet dans tous ses états, L’intégration des 3Nets et Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires. Il travaille activement depuis 10 ans à l’organisation de différentes conférences internationales, dont celle du webcom Montréal qui se déroule deux fois par année. Il donne de nombreuses conférences publiques, en entreprise et en milieu universitaire, au Québec, en France et aux États-Unis. Il est ex-président-fondateur de l’Association des professionnels en intranet (API), vice-président, Finances et secrétariat, de l’organisme Yulbiz.org et chargé de cours en Pratiques de la communication interne interactive à l’Université de Montréal.

Voilà pour le communiqué de presse. Vous remarquerez que sur le site Web de notre cabinet, il y a une petite note dans l’en-tête qui précise que nous sommes présentement en refonte 2.0. C’est là, un des premiers effets concrets de ma présence. Attendez-vous donc à un tout autre site d’ici quelques semaines.

Et pour me rejoindre au travail, utilisez cette nouvelle carte d’affaires;

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Entreprise et intranets 2.0 : Quand les gros avaleront les petits…

4 février 2009

Dans mon premier billet sur la conférence Enterprise 2.0, qui a eu lieu à Boston au mois de juin dernier, j’écrivais ces lignes : «Intéressant aussi le fait qu’il mentionne que le marché de l’Entreprise 2.0 est estimé à 4,3 milliards de $ d’ici cinq ans, soit 2013. Pas pour rien que tous les grandes firmes se convertissent aux vertus du 2.0, de Microsoft à IBM en passant par SAP, Oracle, Alcatel-Lucent, Novell, OpenText, Vignette, etc. s’y mettent…» Je parlais alors de Dion Hinchcliffe et son atelier sur l’entreprise 2.0.

Je notais donc la présence en force, à la conférence, de toutes les dignes compagnies représentantes de Web 1.0, reconverties aux bienfaits du Web 2.0. IBM, Microsoft, Open Text, Oracle, Sun et EMC2 … En fait, la partie «Expo» de la conférence, où elles étaient toutes présentes avec leurs gros kiosques, m’a fait alors penser à ces conférences où je me rendais fin des années 90 et début 2000, des conférences sur le KM et les intranets, dont KM World & Intranets, où l’on pouvait assister à un spectacle bien particulier avant que n’éclate la bulle techno.

Les gros d’un côté, les petits de l’autre…

Un spectacle où ces grosses boîtes Ti côtoient une foule de petites solutions essayant de se frayer une rentabilité Des dizaines de petites «startup» dans leurs petits kiosques 10X10 et qui tentent d’intéresser des clients corporatifs à leur brillante idée de solution alors que les gros navires comme IBM et Microsoft, pavoisent dans des espaces cinq fois plus vastes, avec démos live et cadeaux à la clé ! Toutes ces petites entreprises sont disparues avec l’éclatement de la bulle ou ont été rachetées par les gros. Demandez aux gens de RedDot, qui justement étaient à Boston mais plus sous leur bannière originale. Achetés tout d’abord par Hummingbird, ils sont ensuite passés avec leur acheteur sous la férule d’Open Text et c’est leurs couleurs qu’ils arboraient au salon d’exposition.

Ce qui m’a fait penser que bien des petites compagnies, présentes à Boston, risquent de subir le même sort, surtout en ces temps économiques troubles… À Boston, j’en ai dénombré 41 avec des noms aussi évocateurs que Mzinga, Jive, Acquia, Igloo, nGenera, WorkLight, Box, Awareness, expresso, Mindjet, GROUPSwim, openwater, Tomoye, etc.

Du lot, trois se démarquent par leur notoriété déjà acquise et la portée de leur solutions. Il s’agit de AmazonWebServices, la division «Cloud Computing» du géant de Web 2.0, de Zoho, une entreprise californienne plus spécialisée dans le CRM et la gestion de projet et que le copain Pascal Veilleux décrit comme un mini-Google ou Google-killer en termes de services Web et aussi vétéran du Web 1.0 ainsi que SocialText, le leader mondial du wiki d’entreprise mais qui se définit maintenant comme un «Business Social Software».

Le fondateur et CEO de l’entreprise, Ross Mayfield, était sur place tout au long de l’événement. Il a donné une conférence où il en a profité pour lancer un nouveau produit appelé SocialCalc. Il s’agit en fait d’un Excel/wiki, chaque cellule pouvant être explosée et pouvant ainsi devenir source de multiples informations connexes ou supplémentaires sur le donnée et celui qui l’a créée. Flyé mais utile… Bref , Ross a été présent tout du long, animant une journée «barcamp» gratuite, et donnant volontiers des informations sur ses produits au kiosque. Un gars vraiment sympathique, accessible, intéressant, facile d’approche. Très différent de bien des stars du Web 2.0 qui auraient des leçons d’humilité à prendre de lui (et je ne nomme personne mais vous suivez mes yeux vers Davos)

Fais-moi un intranet 2.0 (1)

Pour en revenir aux petites entreprises qui à mon avis, risquent de faire une percée en 2009 ou encore de se faire avaler par les gros poissons, je les divise en deux catégories : D’une part les suite logicielles (les Business Social Software à la SocialText) qui offrent un ou plusieurs outils du Web 2.0 (Blogue, wiki, Fils RSS, Réseau Social, Bookmarking social, Tagging, mashups et j’en passe…). Des 41 sur place à Boston, plus des trois quarts des startups ne seront pas de retour à Boston en 2009. Je m’attends à revoir bien sûr, SocialText mais aussi GoLightly et BlueKiwi.

Les deux vont probablement  survivre et prendre chacun leur marché cible. GoLightly l’Amérique du Nord, Blue Kiwi l’Europe. (qui prendra les autres continents ???). Les deux solutions sont presque jumelles (voir les diagrammes ci-dessous avec BlueKiwi à gauche et GoLightly à droite) en cela qu’elles tentent d’offrir aux entreprises la suite complète d’outils collaboratifs : Blogues, wikis, calendriers, annuaires, fils RSS, intégration du courriel et de la messagerie instantanée, SSO, engin de recherche et tagging, forums, capacité multilingue, outils de statistiques, vidéos, et ce qui est le plus important, la création de groupes ou communautés.

Les deux sont compatibles, entre autres, avec SharePoint mais j’aime bien les récents développements chez BlueKiwi, présentés l’automne dernier à Paris par son CEO, Carlos Diaz. Ainsi, BK offre une toute nouvelle approche pour identifier les communautés à mettre en oeuvre. Il permet aux employés de s’inscrire et au départ de signifier leurs intérêts. Comme il se crée ainsi un genre de nuage de «tags» d’intérêts, l’administrateur de communautés (un nouveau rôle en émergence dans les entreprises) peut ainsi diriger son attention vers la création de communautés déjà identifiées comme viables par ces «tags».

Mais aussi un principe de double tagging sur la personne elle-même. Donc je peux tagguer qui je suis et quels sont mes intérêts et compétences et les autres employés peuvent en rajouter avec mon accord. Et aussi la possibilité d’intégrer des widgets dans les communautés et pour la première fois, la possibilité d’intégrer le principe de boîte à idées. Efficace !

Mais la plate-forme française n’offre pas encore tous les outils collaboratifs et encore moins la possibilité  d’offrir aux entreprise une véritable plate-forme intranet où il est possible d’intégrer portail, information corporative, CRM, CMS, ERP etc. Donc pas intranet 2.0. Moins évident pour son compétiteur américain.

La plate-forme GoLightly est plus complète en termes d’outils, intégrant blogues, forums, vidéos, etc. et en termes de connectivité avec les systèmes d’entreprise tels que CRM, CMS et services Web. De plus, elle offre aussi une couche supplémentaire. En fait les deux plates-formes offrent les couches de connexion, de collaboration, de socialisation et d’administration. mais seule la plate-forme créée par Sarah Golightly (non, non, ce n’est pas une blague) offre en plus la couche de transactionnelle. Cette suite est donc la plus proche de l’intranet 2.0.

Et ce que j’aime des deux plates-formes et que certains gros fournisseurs n’offrent pas nécessairement, c’est la couche d’administration avec des outils intégrés d’analyse et de «reporting». C’est habituellement le point faible des solutions Web 2.0 : l’impossibilité de bien gérer la croissance et le développement, l’absence d’outils de travail pour les futurs administrateurs de communautés.

Fais-moi un intranet 2.0 (2)

Dans la seconde catégorie, les intranets 2.0 qui incluent, en plus de la suite logicielle 2.0, les autres fonctionnalités intranet 1.0 dont la communication d’entreprise et ce qu’identifie «méchamment» Carlos Diaz dans un Webcast réalisé au lancement de la nouvelle version de BK 2009, comme étant la capacité de faire des liens entre des documents et des pages Web et non des liens entre les personnes…

Dans cette catégorie intranet 2.0, à Boston l’an dernier, j’avais rencontré les gens de ThoughtFarmer, qui venaient de lancer leur version française et qui vise, entre autres le marché québécois. Elle est la seule à se présenter comme étant un véritable intranet 2.0. Cette plate-forme est un produit de la compagnie «vancouveroise» Openroad Communications et une co-création de Chris McGrath et Darren Gibbons. N’en déplaise à Carlos, leur plate-forme ne lie pas que les documents et les pages Web mais aussi les personnes.

Chris m’est revenu, il y a quelques jours et m’a ouvert le produit pour que je le teste. Sa version française n’est pas encore parfaite mais ce sera fait bientôt. Voici une capture d’écran d’un hypothétique intranet nommé Axio :

Un intranet complet et qui est à même de gérer des communautés en lien avec les profils, les groupes en wikis, lier mon blogue et même mon Twitter, qui intègre le principe de boîte à idées (Mais pas encore le principe plus large d’ideagora), les outils intranet et les autres sites Web d’unités, qui offre un annuaire téléphonique en lien avec le profil professionnel, les tags, le bookmarking et vote à la Digg, name it !

Sur Twitter, j’ai eu le malheur (ou le bonheur) de dire que j’évaluais et qu’à première vue, le produit était intéressant pour les entreprises québécoises, surtout les PME. En fait, c’est un produit plus qu’intéressant pour les entreprises qui n’ont pas encore d’intranet et qui veulent investir peu et avec un ROI rapide. Cette solution sera difficile à vendre aux grandes entreprises ou organisations qui elles, sont prises avec des méga-solutions de portail intranet propriétaires à la IBM, Microsoft, SAP et autres…

Dans les minutes qui ont suivi mon message Twitter, d’autres compagnies offrant des produits intranet 2.0 m’ont signalé leur existence et conseillé de tester leurs produits. Parmi elles, Adenin et son produit IntelliEnterprise.

Et pour bien appuyer sur l’intérêt du produit, voici le message que j’ai reçu sur Twitter : «@Emergent007 “User interface languages include Eng, German, French, Polish, Russian, Spanish, Chinese, Swedish, Portuguese, Italian, Dutch”». Le message m’a été envoyé par Meryl K Evans, pourtant plus spécialisée dans les CSS et les jeux vidéo.

Pour avoir aussi testé cette version, j’y ai presque retrouvé un intranet 1.0 des années 2000 mais avec quelques ajouts dont celui du profil (voir la capture d’écran). J’ai aussi reçu un message Twitter de Altassian me vantant les mérites de leur produit Confluence. Ce dernier se classe plus dans la première catégorie, soit celle des «Business Software Solutions» car il s’agit là d’une silution de wiki d’entreprise…

Pour vous en dire encore plus sur les deux faces de l’Entreprise intranet 2.0, je suis allé consulter les spécialistes de Gartner et leur «Magic Quadrant». Remarquez que ce graphique n’est pas complet et c’est voulu par Gartner. Apparaître sur ce graphique est un privilège… Il y a donc beaucoup d’appelés, peu d’élus,  les privilégiés et les autres, comme dans les loges du Centre Bell…

Les privilégiés sont IBM, Microsoft dans le haut et surveillez la montée de Google… Alors que tous les autres (présents à Boston) se retrouvent dans les cases du bas en se font la lutte pour survivre. Comme je le disais en début de billet, ces compagnies vont se partager un marché de 4,3 milliards en Amérique du Nord dans les cinq prochaines années, chiffre que sera révisé compte tenu du ralentissement économique. Mais reste que le marché est énorme et comme pour dans le cas du Web 1.0, la crise économique va forcer des fusions, des acquisitions et déjà des disparitions.

Mais le marché est définitivement là pour rester et j’aimerais bien que BlueKiwi et ThoughtFarmer percent leurs créneaux respectifs et réussissent à prospérer à l’ombre des IBM et Microsoft. Surtout que les entreprises commencent à prendre le phénomène au sérieux. Aux USA et en Europe. Ici au Québec, c’est plus laborieux…

MAJ

J’ai reçu un commentaire de Barthox que je trouve fort pertinent et même s’il est disponible ci-dessous, je le reproduis, question de faire du pouce sur son exposé concernant Clearspace.:

«Wow! Quel compte-rendu!

Bravo, cela fait longtemps que je n’ai plus lu une analyse comparative comme celle-la.

Toutefois, je pense que Jive Software sera à nouveau de la partie. J’ai eu l’occasion de tester leur produit E2.0 ‘Clearspace’ (en fait, tout le monde peut le faire, à partir de leur site web), et j’ai beaucoup apprécié!»

Je dois avouer que je n’ai pas évalué toutes les solutions incluses dans le «Magic Quadrant» de Gartner, dont Clearspace. Ce dernier est un «Business Social Software» et se classe donc dans la première de mes deux catégories. En effet, il est très bien positioné par Gartner et pourrait être de ceux qui seront de rerour à Boston en juin prochain.

Mais Clearspace, de Jive Software, comme les autres que je n’ai pas pris la peine d’évaluer, n’offre pas vraiment un produit «novateur». Justement, voici comment ils présentent les «innovarions» de leur version 2.5. Dans une vidéo impossible à incrémenter (embedder) dans un blogue. Pas très 2.0 comme marketing vous en conviendrez. Si vous voulez en savoir plus, cliquez sur l’image.

2e MAJ

Et pour en remettre une couche : Je vous ai parlé plus tôt des grands qui vont finir par dominer le marché et des grandes entreprises, «prises» avec le IBM, Microsoft et SAP de ce monde, alors voici que je reçois un message de Dion Hinchcliffe, oui, oui, celui du début du billet. En voici la teneur :

dhinchcliffe SAP adds enterprise 2.0 features to latest suite while Twitter meets ERP http://bit.ly/Ti7x Good coverage by Larry Dignan

Cliquez sur le lien et vous ariverez sur un article de ZDNet où on explique les récentes avancées de SAP dans le Web 2.0 et les intranets de grosses entreprises.

Communication interactive Entreprise 2.0 Innovation Intranet

L’innovation chez Google, IBM et le Power V !

3 février 2009

Entre l’évaluation de plates-formes intranet qui se veulent multilingues et Web 2.0 et sur lesquelles j’écrirai dans un prochain billet, je continue à naviguer sur le Web à la recherche d’informations pouvant m’aider dans l’élaboration de la programmation du prochain webcom-Montréal. En particulier tout ce qui a trait à l’innovation. J’avoue, le sujet me passionne de plus en plus.

Ce faisant, je suis tombé sur une intéressante entrevue avec l’économiste en chef de Google, Hal Varian, qui est, entre autres, «Professor of information sciences, business, and economics at the University of California at Berkeley». Et ce dernier n’y va pas avec le dos de la cuiller quand il parle de la nécessité pour les dirigeants d’entreprise de changer leurs pratiques d’affaires et leur façon de penser l’innovation.

Voici un passage de l’entrevue :

« We’re in the middle of a period that I refer to as a period of “combinatorial innovation.” So if you look historically, you’ll find periods in history where there would be the availability of a different component parts that innovators could combine or recombine to create new inventions. In the 1800s, it was interchangeable parts. In 1920, it was electronics. In the 1970s, it was integrated circuits.

Now what we see is a period where you have Internet components, where you have software, protocols, languages, and capabilities to combine these component parts in ways that create totally new innovations. The great thing about the current period is that component parts are all bits. That means you never run out of them. You can reproduce them, you can duplicate them, you can spread them around the world, and you can have thousands and tens of thousands of innovators combining or recombining the same component parts to create new innovation. So there’s no shortage. There are no inventory delays. It’s a situation where the components are available for everyone, and so we get this tremendous burst of innovation that we’re seeing.»

Et encore, Varian est intarissable et j’aurais pu le citer encore et encore mais il y a mieux. Écoutez tout simplement son entrevue donnée au McKinsey Quarterly en cliquant sur l’image ci-dessous :

Mais je vous le dis tout de suite, quand il est question d’innovation, j’aime tout particulièrement ce qui se fait de côté des plates-formes de partage d’idées, les fameuses idéagoras. En cela, les plates-formes intranet que j’évalue actuellement en sont encore loin… Celles qui offrent cette opportunité ne sont pas tournées vers les employés à l’aide d’une section particulière de l’intranet mais plutôt vers les clients (Dell, Starbucks, Amazon, Proctor & Gamble, etc.) ou vers les employés des autres et même les retraités (YourEncore, NineSigma, TekScout, InnoCentive, etc.) toutes sauf… IBM..

Toujours eux et c’est compréhensible quand on sait que Big Blue se veut un modèle d’entreprise 2.0 et prouve ainsi à ses clients la pertinence de ses solutions d’affaires. D’autres sociétés travaillent également sur le principe des ideagoras et de l’innovation à l’intérieur de l’entreprise. Le Groupe français Awak’It est l’exemple qui s’en rapproche le plus… Il est grand temps que les entreprises comprennent que l’innovation ne vient pas uniquement de la R&D ou des clients. Le «crowdsourcing» s’applique aussi aux partenaires d’affaires et surtout aux employés, qu’ils soient actifs ou retraités.

De toutes ces plates-formes, celle qui sert le mieux l’innovation est encore la doyenne InnoCentive. J’ai déjà publié une entrevue avec son président Dwayne Spradlin. Voici un reportage télé qui fait corporatif, j’en conviens, mais qui explique bien le principe que je viens de développer. Vo us pourrez en savoir plus au prochain webcom-Montréal car Jon Fredrickson, d’Innocentive, présentera «Open Innovation – the fuel for growth and change.» dans la piste Innovation.

MAJ

Je viens tout juste de prendre connaissance d’un billet paru sur Minnov8 et intitulé «Why Executives don’t “get” Social Media». Intéressant car écrit justement par un dirigeant. Tous ces derniers sont de générations en compétition pour le «pouvoir» et il explique bien ses motivations de «Power V» avec le graphique suivant.

Pas besoin de vous dire qu’avant que les Intranets 2.0, les idéagoras et l’entreprise 2.0 décolle vraiment dans les entreprises, va falloir un changement de leadership et/ou un reconditionnement de ceux et celles qui vont s’accrocher. On nomme cela : Gestion du changement et transformation organisationnelle. Penser collaboration plutôt que compétition. Passer de hiérarchie verticale à wérarchie horizontale…. En passant, «Power V» est employé dans un autre contexte mais qui en dit long….

Communication interactive Entreprise 2.0 Médias sociaux Réalité virtuelle

LinkedIn et Viadeo : Concurrence et convergence…

29 janvier 2009

Ça fait un sacré bail que je n’ai pas parlé de la plate-forme française de mise en relation professionnelle  Viadeo. Pas par manque de temps mais plutôt par manque d’intérêt… En effet, au fil des mois, j’ai graduellement délaissé cette dernière au profit de sa concurrente américaine LinkedIn. Et je crois que je ne suis pas le seul… Les principaux griefs : Manque d’ergonomie chez Viadeo et inutilité relative des contacts outre-Atlantique en matière de développement des affaires…

De ce côté-ci de la Mare Nostrum, Reid Hoffman a trimé dur afin de faire de LinkedIn une plate-forme relationnelle et professionnelle qui intègre les communautés, les évènements et les ideagoras. Sans tambours ni trompettes, la plate-forme gauloise a fait de même et je dois avouer que les deux se ressemblent de plus en plus. Un peu comme dans le temps de la guerre froide où chaque camp arrivait avec une solution presque identique. Vous vous souvenez du Concorde et de son clone Soviétique ? Ou encore de la navette spatiale ?

La partie ideagora de LinkedIn et plus bas, celle de Viadeo.

Bref, Viadeo se rapproche de son concurrent mais a encore et toujours des problèmes d’architecture d’information et de navigation. Bref, elle aurait besoin d’un bon test d’utilisabilité de nos amies de Yu-Centrik. Mais Viadeo garde son avantage car ses communautés sont mieux développées en lien avec les évènements. C’est plus du Facebook ou du Ning que chez LinkedIn, où l’expérience communautaire est encore difficile.

Autre avantage, du moins pour l’instant pour Viadeo : Ses tarifs de 12.99$ par mois soit environ 155$ par année contre 20$ par mois ou 240$ par année pour LinkedIn. Et finalement un dernier avantage, celui de la langue. LinkedIn est disponible en seulement trois langues contre sept pour Viadeo. Mais cela est très contextuel. En Amérique du Nord, le principal marché de LinkedIn, trois langues prédominent : Anglais, Espagnol et Français. Très différent en Europe…

Côté membership, la fossé est énorme… LinkedIn trône au sommet avec 30 millions de membres, en majorité nord-américains. Pour sa part, Viadeo végète quelque part entre 2 et 3 millions de membres. En fait, pas moyen de savoir… Les chiffres ne sont pas disponibles sur la liste mise à jour sur Wikipedia. Et pas moyen de trouver quelque indice que ce soit sur la plate-forme.

Je pensais bien trouver sur le blogue corporatif comme sur LinkedIn mais non, il n’y en a pas… Mais où est donc la gestion de cette communauté professionnelle ? Facile à trouver chez son concurrent.

Entrevue sur le blogue de LinkedIn sur les perspectives d’emplois et le rôle de cette plate-forme.

J’ai reçu aujourd’hui plusieurs messages de France m’annonçant des changements imminents chez Viadeo, en particulier le l’ami Patrick Barrabé, très impliqué dans le «Business Social Networking», directeur de projets chez Jardiland. Voici d’ailleurs en primeur le nouveau look. Très proche du graphisme de son concurrent (voir ci-haut).

Mais cela sera-t-il suffisant pour contrer la dominance de LinkedIn ? De ce côté de l’Atlantique, rien n’est moins sûr…

Entreprise 2.0 Innovation

Les «ideagoras» d’entreprise : Dématérialiser pour innover ! (2)

16 janvier 2009

Je reproduis ici quasi intégralement (mais avec quelques commentaires intercalés) les propos tenus par Dwayne Spradlin, CEO d’InnoCentive dans une entrevue à Kermit Pattison de Fast Company. Bien sûr, il y est question du sujet qui me préoccupe beaucoup par les temps qui courent : La dématérialisation pour stimuler l’innovation.

«In recent years, corporations have turned to open innovation to solve their toughest research problems and reduce runaway costs of R&D. Now non-profits are beginning to see prize-based innovation as a strategy for humanitarian causes too, such as developing medicines to fight tuberculosis in the developing world, cleaning up oil spills or designing solar technologies for villages in rural India and Africa.

InnoCentive is the premier open innovation marketplace in the world, (ce que Don Tapscott identifie dans son bouquin Wikinomics comme étant des ideagoras) where corporations and non-profits post their toughest research problems and a global network of 160,000 solvers takes a crack at solving them for cash rewards. Non-profit challenges have grown to about 20 percent of the InnoCentive portfolio, up from virtually none only two years ago. In this Q&A, InnoCentive president and CEO Dwayne Spradlin explains why crowdsourcing is becoming a powerful tool for doing good.

Dwayne Spradlin, InnoCentive CEO

–Is InnoCentive doing more in the non-profit space?

We’re doing more in the non-profit space than ever. We’ve all come here to change the world and you do that by helping organizations of all types really address their challenges. It’s particularly rewarding to work in a challenge realm that can impact human life like people’s ability to drink clean water in sub-Saharan Africa. We’re keenly interested in developing the non-profit sector. I think the data overwhelmingly supports this as an extremely powerful tool that foundations and philanthropies can use.

–People often talk about crowdsourcing as a way to tap technical expertise around the world. Is there also an untapped pool of altruism?

That’s absolutely the case. For our solver community, oftentimes this is the vehicle by which they’re able to contribute. They may not have the financial resources, but they may have the know-how to solve problems that no one else can. That gives them great satisfaction. («l’incentive» n’est pas que monétaire)

I’ll give you a wonderful example. We ran a challenge for the Oil Spill Recovery Institute out of Cordova, Alaska. They needed to find a new and novel way to get oil of the bottom of Prince William Sound from the Exxon Valdez spill. For 15 years, that oil has been sitting down there at the bottom of the ocean. They could get the oil off the bottom and onto the barges, but the surface temperature drops so dramatically that the oil almost solidifies and they can’t pump it through the barge system.

The solver ended up being an engineer out of the Midwest and he recognized a way to solve that problem using technology that’s fairly common in the construction industry. He recognized that was very similar to the problem of keeping cement liquid when you’re pouring a foundation. They used commercial-grade vibrating equipment on the barges to keep the oil fluid enough so they could process it through the system.

Anyway, the moral of the story is he won $20,000 for solving the challenge and he spent part of that money to fly himself to Cordova, Alaska because he wanted to meet the people from the foundation he was most directly associated with helping. He’s now made himself available to do work for them pro bono on future projects. There’s very little likelihood he would have had an opportunity to use his skills and resources in this philanthropic way without InnoCentive.

–How is a non-profit challenge different than a commercial one?

Certainly in the commercial space, we’re not able to be as open. Commercial entities oftentimes are running challenges anonymously. They’re very careful not to identify themselves for fears that they’ll tip their hands on business strategies. (Voilà la réponse à une question qui m’est souvent posée ) But in the not for profit space, the rules change entirely. It’s much more about openness. It’s much more about trying to drive collaboration and almost a planetary learning to drive something that ultimately benefits humankind in general.

The way we handle intellectual property between the two models is vastly different. In the commercial space, we’re typically transferring intellectual property and trade secrets. In the not-for-profit space, it really is much more about an open source form of licensing and putting into the public domain the learning and outcomes of the challenges.

–Does that make it easier to generate solutions in philanthropic efforts?

It definitely can be. We know our global solver community works on challenges for three reasons.(Intéressant) First, they want to work on problems that matter. Second, they want to be part of an elite group of problem solvers that are making a difference. And third, it’s because of the money. Not-for-profit challenges, where there’s clearly some sort of a global good associated with it, tend to draw the attention of globally-minded solvers. That means that a $10,000 or $20,000 prize—which could be quite a bit for a not-for-profit to offer—is amplified dramatically because the dividends to the solver are not only the money but also for the

–When you post a challenge, how often are they actually solved?

We solve about 40 percent of challenges on network. But what’s interesting here, particularly when you’re looking through the philanthropic lens, is we solve well in excess of 40 percent of not-for-profit problems. It’s closer to 60 percent. (Intéressant de voir que les défis des OSBL sont plus souvent relevés que ceux des entreprises. Plus simples, moins techniques ? Voir ce qu’en dit Spradlin ci-dessous))

There are two reasons for this. The first reason is there is a fundamental desire for people to work on problems that are important to the global good. We get tremendous participation for these kinds of challenges on our network, which drives higher solve rates. The second reason—and I think it’s equally important—is the not-for-profits in general have not had access to the same kinds of innovation, research and development tools as commercial enterprises. With InnoCentive and prized-based innovation, these organizations can access to the same kinds of brilliant people around the world on demand that companies have for years.

Many of them are without question cutting edge innovations. But many of them are problems that have probably been solved before, and no one has recognized the easy applicability of an existing solution to that foundation’s or philanthropy’s problems. In the case of the Oil Spill Recovery Institute, that was not brand new science, that was an innovative application of existing technologies. You have to ask yourself: if they went 15 years without solving that problem, was it because they were just looking in the wrong place? I think for a lot of the organizations that’s the case.

(Voici une importante question concernant l’innovation et les limites du travail en silo) Oftentimes people in specific fields tend to descend into groupthink. When you flip a challenge to the outside world, do outsiders see things that people in the silo don’t see?

Innovation often happens at the boundary. The way we’ve structured innovation the last 100 years is probably insufficient to meet the world’s challenges the next 100 years. We’ve tended to build large, monolithic views of the world—if you want to solve a problem in chemistry, you hire a PhD from Stanford in chemistry. If that problem isn’t solved by that PhD or his cohort of 99 other PhDs from Stanford in chemistry, then it must be an unsolvable problem.

For the last 100 years, organizations have focused on building labs full of the smartest people in the world in a particular area. But after a certain amount of time, that silo effect envelops the organization and keeps the organization from fresh and entirely new perspectives on how to solve these kinds of problems. This prize-based model (celui d’InnoCentive) helps an organization to not only maintain that large internal organization of the best people in the world, but to augment it with up to 7 billion of the other smartest people in the world.

(Voici une belle étude de cas) Can you give us an example?

We do work with an organization called Prize4Life, which is focused on ALS, also known as Lou Gehrig’s disease. They wanted to find a biomarker to help identify and treat Lou Gehrig’s disease patients. They decided to run the challenge in multiple phases. The first phase was a prize to anyone on earth who can come up with a new and novel way of identifying where a promising biomarker might be.

What’s amazing about this was that solutions were coming from not necessarily from the medical field. The solutions were coming in from people they had never heard of before—computer scientists, experts in bio informatics who were suggesting algorithmic approaches, machine manufacturers who knew enough about the disease to say the following kind of approach might provide a highly predictive model of who might be susceptible to this disease. They were getting solutions from outside the establishment that ended up generating some of the most innovative thinking in that field in recent years.

They ended up paying out five winners, even though their initial intent was to pay out only one, because the solutions were so much more intriguing than anything they had seen. It’s the stuff happening on the boundary, outside the silo, that actually drives innovation.

–InnoCentive has been operating eight years. (Le Crowdsourcing est un phénomène identifié comme 2.0 mais comme on le constate, InnoCentive a été fondée en 2000, soit en plein crash de la bulle techno 1.0) What has this whole experience shown the world about how you generate ideas?

Whether it’s for a commercial entity or a non profit entity, the business of business is innovation. (J’aime bien cette réponse) We all need to move our agendas, we all need to take new products to market, and we all need to find innovative ways to improve the lives of people everywhere. One of the most exciting things to happen in the last decade has been the emergence of the Internet, connected systems, social networking—all the tools to allow hundreds, thousands or millions of people to work on problems that matter. (Et celle-là également) We’re clearly proving the ability of this model to do more, faster and better than existing innovation models.

Remember, in this prize-based world, companies are paying predominantly for success. Most innovation efforts fail. With the monolithic view of R&D and innovation, one of the main reasons it’s insufficient is that you’re paying for failure. In this model, you’re paying only for the winning solutions.

–How are you continuing to build a better mousetrap when it comes to prize-based philanthropy?

Imagine challenges to which people can vote and contribute with their donations—prize amounts that grow in relation to public interest. This approach could focus millions of dollars and an extraordinary amount of attention in a way that merges free market activist philanthropy with the power of prizes. Perhaps 100,000 people could speak with their hearts, minds, and wallets to bring a challenge related to climate change into the forefront more easily than industry or government. We call the idea “crowd-funding meets crowd-sourcing” and could represent the truest form of democratic engagement in the process of innovation. This is an idea we are spending a lot of time developing and would welcome any thoughts and reactions from your readers.»

Fondé en 2000, ls site InnoCentive a été parmi les premiers à suivre cette voie avec Yet2.com. Les deux font figure de pionniers mais ils ont fait des petits. Je parle souvent de YourEncore mais il y a aussi NineSigmaEureka Medical, TekScout mais aussi des sites d’entreprise comme MechanicalTurk, d’Amazon, P&G Connect, de Proctor & Gamble. Et que ce soit dans un but humanitaire ou strictement capitaliste, tous ces sites ont une motivation commune : Stimuler l’innovation.

Pour une entreprise, en 2009, ces exemples doivent être pris très au sérieux et si possible imités. Il en va de leur compétitivité, de leur rentabilité et donc de leur facilité à se sortir de la présente crise économique.

Communication interactive Entreprise 2.0 Innovation

Les «ideagoras» d’entreprise : Dématérialiser pour innover !

6 janvier 2009

Dans son plus récent billet sur son blogue, l’amie Patricia Tessier relève les propos tenus par Scott Cook dans le Harvard Business Review, à ne pas confondre avec le Harvard Business Publishing, qui vient justement de publier un compilation des meilleurs billets de blogues de 2008.

Ce dernier a publié un article payant ((6.50$US) intitulé : «The Contribution Revolution: Letting Volunteers Build Your Business». Comme le titre le laisse entendre, il s’agit là d’une tentative d’explication du phénomène des ideagoras, terme popularisé par Don Tapscott dans son bouquin collaboratif Wikinomics, paru en 2007 et d’une résultante d’affaires en constante expansion, soit le «Crowdsourcing» ou dématérialisation du travail.

Faut dire que Cook et Tapscott se connaissent bien puisque le cas Proctor & Gamble est cité dans Wikinomics et que je m’en sers dans mes propres conférences. eh oui, Cook a passé une bonne partie de sa carrière au marketing de P&G avant de fonder Intuit.Inc et de devenir milliardaire ou est-ce l’inverse ???

Comme je l’expliquais à Patricia en commentaire de son billet, M. Cook n’invente rien mais tente tout de même d’identifier les secteurs de l’activité économique qui peuvent bénéficier de ce nouveau phénomène, très Web 2,.0. qui veut qu’une entreprise puisse profiter de la force créatrice et innovatrice de la masse des Internautes pour améliorer son ou ses produits, son ou ses services et ce par des contributions, soit volontaires, soit rémunérées.

Les boîtes à idées

Je vous ai déjà parlé d’Ideagoras, de stye boîtes à idées, telles que Ideastorm de Dell ou MechanicalTurk d’Amazon où les Internautes se font un plaisir de soumettre gratuitement des idées d’amélioration des produits, de voter pour les meilleures suggestions qui sont finalement retenues par les compagnies, tout cela juste pour voir leur nom mis en évidence (exposition de soi), leur idée reconnue par leurs pairs (communauté). Du pur «User Generated Content».

Mais il y a aussi du «crowdsourcing» popularisé par les sites Innocentive et YourEncore et l’exemple des «Answers» de LinkedIn où la motivation de participer est attisée par l’appât du gain ou de reconnaissance professionnelle (incentive). Toutes ces plates-formes Web 2.0 ont en commun qu’elles se rapprochent des usages d’ideagoras et de dématérialisation qui peuvent être appliqués à l’intérieur d’une entreprise.

Et c’est là que je tiens à compléter la démonstration de M. Cook. En effet, ce dernier identifie plusieurs secteurs comme pouvant bénéficier des ces usages et que relève ainsi Patricia Tessier dans son billet :

«Voici ce que j’en ai retenu et quelques ajouts de mon cru!  Voir son article pour des entreprises spécifiques ayant tenté l’expérience dans l’une ou l’autre de ces fonctions.
Service à la clientèle : Les bénéfices et la mise-en-œuvre sont assez facile à imaginer… les forums où les usagers aident les autres usagers sont un excellent exemple.
Marketing : Permettez à vos clients de partager leurs expériences personnelles avec votre produit ou service… Vous comprendrez ainsi comment il est utilisé, par qui, dans quelle circonstance, pour répondre à quel besoin… Informations précieuses et beaucoup plus pertinentes que les informations capturées dans les sempiternels « focus group ».
Création de contenu : Les guides Zagat sont ici un exemple éloquent. Zagat agrège (depuis 30 ans!) les opinions de « clients réguliers » des restaurants (hôtels, bars, etc.) d’une ville donnée et non de critiques culinaires payés et imprime et vend ensuite les guides Zagat… Et ces guides ont une excellente réputation.
Par ailleurs, il est connu et répété par plusieurs analystes que les groupes médias, pour maintenir leur pertinence et potentiellement même leur existence, doivent  réussir (et rapidement!) à trouver comment définir efficacement pour eux ce système de gestion de la contribution des usagers au niveau de la création de contenu et débuter la mise-en-œuvre immédiatement quitte à peaufiner les solutions dans un second temps… Est-ce que la « perfect-storm » créé par la crise financière, la migration de la consommation des infos sur internet et la chute des budgets publicitaires les forcera à finalement se jeter à l’eau… à suivre…
Aussi, dans le cas des médias sur un marché donné il y a une combinaison du « first mover advantage » et du « network effect »… Le groupe qui adoptera et implantera un système de gestion de la contribution du contenu des lecteurs sera clairement le gagnant car plus de gens y contribuent, plus intéressant est le produit et plus de gens veulent l’utiliser et plus de gens veulent y contribuer et… c’est comme les saucisses!
Design et développement : On parle ici de susciter la collaboration de programmeurs, chercheurs ou autres… Beaucoup de projet « open source » pourrait être cité en exemple  mais c’est aussi pertinent pour le design d’interface, le design produit, etc.
Production artistique : Il s’agit de solliciter la contribution des fans pour des idées ou même du matériel physique.  C’est David Usher qui expliquait au Podcamp Montréal cet automne qu’il ne fait plus faire de photos professionnelles mais utilise plutôt les photos fournies par ses fans.»

Comme on peut le constater, il est question de service à la clientèle, de marketing, de création de contenus, de design et développement et de production artistique. Des sujets presqu’exclusivement externes pour les entreprises et producteurs indépendants donc, une partie de l‘Entreprise 2.0 mais pas sa totalité…Bien entendu, ces sujets trouvent écho aussi bien dans les ideagoras (amélioration du service à la clientèle, marketing et production artistique) que dans le crowdsourcing (Création de contenus et design et développement).

Mais l’entreprise 2.0, que j’appelle innovante, c’est plus encore… Tout d’abord, au plan externe c’est aussi la Recherche et développement, justement le cas de Proctor & Gamble qui dans l’exemple rendu célèbre dans Wikinomics, a utilisé Innocentive pour régler aussi bien un problème de physique que de marketing. En passant, si vous cliquez par le site Innocentive, vous serez en mesure de remarquer que les contributeurs à la résolution des problèmes qui y sont exposés (principe des seekers et des solvers) peuvent se faire un pécule allant jusqu’à un million de $$$.

L’innovation

Tout le pan de l’économie oublié par M. Cook, c’est le pain et le beurre de l’entreprise et surtout son avantage concurrentiel, surtout lié à la performance de son capital humain : L’innovation… Regardez les sites Innocentive (Maximize your Return on Innovation), YourEncore (The Innovation Community) ou encore LinkedIn avec son partage d’expertise entre membres d’une communauté professionnelle. L’innovation y est au centre de leur offre et est ô combien stratégique en cette période de crise économique et passe, entre autres, par :

  • L’amélioration des processus de gestion ou de fabrication
  • La mise en valeur des expertises des employés
  • L’accélération de la recherche et développement
  • La réduction des coûts reliés aux précités
  • L’amélioration du sentiment d’appartenance
  • La récupération des savoirs des retraités

Et j’appuie très fort sur ce dernier point… Et c’est en étudiant le site YourEncore que toute entreprise peut s’apercevoir de l’immense potentiel de la création d’un tel genre de plate-forme extranet. Le principe de Your Encore est simple : Offrir aux retraités et aux entreprises, un point de rencontre où les entreprises viennent poser des problèmes et où les retraités se servent de leur expertise passée et présente pour le solutionner (Encore les seekers et les solvers). À celui qui trouve la solution de se faire un extra sur son chèque de retraite.

Mais pourquoi aucune entreprise n’a pensé à faire un extranet pour ses propres retraités et ainsi pouvoir solliciter leur expertise au besoin moyennant rémunération ? Question de manque de vision qui risque de coûter cher dans le contexte actuel. Les entreprises mettent massivement leurs employés à la retraite : 60 % de la main d’oeuvre baby-boomesque au Québec prendra sa retraite d’ici 2014. Et que fait-on du savoir accumulé par toutes ces personnes durant plus de 20 ans de carrière ? On le met aux archives ou au pire à la filière 13. On leur fait un beau party d’adieu et c’en est fini…

Récemment, à une conférence d‘Infopresse sur l’innovation justement, Laurent Simon, prof aux HEC avait parlé dans sa présentation d’une citation que j’utilise moi-même et qui dit tout : «L’entreprise est ce qu’elle est parce qu’elle se nourrit du savoir collectif. Mais si seulement elle savait tout ce qu’elle sait». Un sujet aussi traité de façon visionnaire par David deLong en 2004 dans son bouquin «Lost Knowledge»

Les entreprises y gagneraient aussi en termes de communication car le lien étant établi avec ses retraités, l’entreprise peut leur passer d’autres formes de messages…. Bon je m’arrête car je ne veux pas écrire un roman… En fait non et oui. Ces réflexions vont faire partie d’un bouquin que je vous annonce pour 2009-2010. Entre vous et moi, c’est ma résolution de l’année !

Cloud Computing Communication interactive Entreprise 2.0

L’Entreprise 2.0 en 2009 : Je me méfie des prédictions…

18 décembre 2008

Habituellement, je me méfie de tous les gourous et spécialistes qui prétendent lire l’avenir technologique et ainsi prévoir ce que seront les grands axes d’innovation ou de développement pour les entreprises dans la prochaine année. Cela me fait penser aux astrologues-médiums et qui avec leur boule de cristal, cartes ou astres prétendent prédire l’avenir… Mon oeil…

En fait, qui aurait pu prédire que la crise financière éclaterait à ce moment précis et surtout qu’elle entraînerait la planète dans une profonde récession, certains parlent même de dépression ? Personne en fait. Mais les oracles et les gourous ont la couenne dure et on les voit maintenant s’agiter afin de prédire, pour certains, une quasi fin du monde, pour d’autres, des jours meilleurs d’ici une poignée de mois…

À mon avis, et dans le contexte actuel, personne ne peut prédire avec exactitude quels seront les grands axes de développement de l’Entreprise, dite 2.0 en 2009. Pour ma part et en réponse aux prédictions faites par l’ami Bertrand Duperrin, je me limite à parler de (et non prédire) trois tendances lourdes qui vont certainement influencer leurs stratégies. Et deux de ces tendances rejoignent les propos de l’ami Bertrand.

Ces trois tendances sont la dématérialisation, la mobilité et l’innovation…

Pour ce qui est de la première, je reprends et enrichis le contenu de mon billet du 10 octobre dernier et qui a trouvé écho dans le quotidien français Le Monde, le 22 octobre. À mon avis, donc, la prochaine année sur le Web mais aussi pour les entreprises, sera profondément marquée, à part la crise financière et économique, par la course aux données, NOS données et celles des entreprises…

Et qui sont déjà engagés dans cette course folle ? Des géants comme Google, Microsoft (qui vient d’annoncer sa stratégie hybride nommée Azure et appuyée par une autre de synchronisation des applications et données appelée Live Mesh), Amazon, IBM, Sun Microsystems et quelques autres joueurs. Une course, que dis-je, plutôt une guerre commerciale et technologique sur plusieurs fronts, dont ceux de la vitesse de transmission, la capacité d’entreposage, la sécurité et la portabilité des données et qui a pour enjeu rien de moins que toutes vos données, aussi bien personnelles que les données et applications des entreprises, la «Data War », comme l’a nommée le magazine Wired.

Microsoft organise un tirage, un jeu. Mais l’objectif est sérieux la sécurité de vos données !

Dans son billet prédictif, Bertrand parle de la résistance des services informatiques traditionnels face à cette nouvelle offre dématérialisée et je suis d’accord avec lui comme le prouve la pub de Microsoft ci-haut destinéer à une clientèle frileuse…. Mais pour avoir assisté au panel sur le sujet à Boston en mai dernier, intitulé «An Evening in the Cloud» et à l’entrevue à LeWeb08 à Paris la semaine dernière avec le Dr Werner Vogels, VP et CTO chez Amazon que je reproduis ci-dessous, les barrières semblent tomber plus vite que prévu.

Free TV : Ustream

Et j’en veux aussi pour preuve deux exemples significatifs soit Cap Gemini qui signe une entente avec Amazon et Veolia qui signe une entente avec SalesForce. Toutes deux ont donc annoncé leur intention de virtualiser leurs données et applications. Et compte tenu de la crise économique, force est d’admettre que de plus en plus d’entreprises vont se laisser séduire par des solutions Web qui permettent de réduire ÉNORMÉMENT les coûts d’opération, de stockage et d’entretien des applications et serveurs de données.

Car il ne faut pas se le cacher, bien peu d’entreprises seront en mesure de traiter la quantité sans cesse croissante de données, surtout générées par l’introduction des technologies du Web collaboratif. Et  surtout, de maintenir indéfiniment des centres de traitement informatiques pour leurs données et applications et ce, à coup de centaines de millions de dollars ou d’euros par année…

Dans cette guerre sans merci, une des armes d’accumulation massive est donc, sans contredit, les méga-entrepôts de données comme celui de Google à The Dalles en Orégon. À l’origine, une ancienne aluminerie avec, à la clé, une centrale électrique et reconvertie en entrepôt de serveurs. Des milliers d’entre eux, installés en rangées du plancher au plafond et refroidis par un monstrueux système de climatisation. Ces serveurs sont des ordinateurs qui n’ont comme but que d’accumuler des données et de les rendre ensuite accessibles aux demandeurs.

Le complexe de Google à The Dalles

Et celui de Microsoft à San Antonio au Texas


Qui seront remplacés par des containers ???

Google a commencé à en installer pour répondre aux besoins sans cesse croissants de son omnipotent moteur de recherche (100 millions de requêtes/jour, 200 Petabits de disque dur, 1 Petabit = 1 million de milliards) mais s’est vite rendu compte qu’ils «serviraient» aussi à soutenir son offre de «services Web» aux particuliers comme aux entreprises. Des services comme gMail ou GoogleDocs, par exemple.

Et comme de plus en plus d’entreprises et de personnes vont utiliser le Web de Google et des autres et y générer des «téra et petabits» de données, plus le Web aura besoin de gérer ces données, de les entreposer mais aussi de proposer aux individus et surtout aux entreprises, des suites logicielles et d’applications pour accéder à ces données. Ces suites, comme celle d’Office et les données qu’elles génèrent sont présentement installées et/ou stockées sur nos disques durs, sur des DVD ou clés USB.

S’il n’en tient qu’à Google, Microsoft et autres compagnies, ces données et applications quitteront donc l’ordinateur traditionnel. Georges Gilder, du magazine américain Wired, décrit ainsi ce que Google, Microsoft et les autres sont en train de réaliser:

«The desktop is dead. Welcome to the «Internet cloud», where massive facilities across the globe will store all the data you’ll ever use. »

Le «desktop» deviendra un terminal branché sur un «nuage Web» ou ordinateur central planétaire, ce que de plus en plus de personnes nomment le «Cloud Computing». Littéralement, l’informatique traditionnelle, faite d’ordinateurs à disques durs, de centres de traitement, d’applications et de logiciels, tous entretenus par une armée de spécialistes, sera vaporisée en un nuage Web et les données qu’ils contenaient, stockées dans les entrailles des centaines de milliers de serveurs réunis dans des entrepôts et reliés entre eux par un Internet ou Web de plus en plus rapide.

L’ordinateur planétaire aura besoin d’une autre composante essentielle qui se met d’ailleurs en place. De la vitesse de traitement pour servir les données. Sur ce front de la bataille on peut voir qu’entre l’Asie et les USA a été mis en place le PC1 Cable System et que ce dernier offre actuellement une possibilité de transit d’information (de données) de 180 gigabits/seconde (Un gigabit = un milliard de bits), et qu’en plus il a été conçu pour atteindre UN Tétrabit/seconde !!! (Un terabit = 1 000 milliards de bits).

Pour remettre ces chiffres en perspectives, je n’ai qu’à comparer avec ce que nous offre actuellement un fournisseur Internet tel que Vidéotron avec un forfait maximal, appelé TGV 50, de 50 mégabits/seconde !!! Malgré tout on est aujourd’hui bien loin des kilobits par seconde du début de l’Internet, que l’on nomme toujours Internet1. À 180 gigabits/seconde nous entrons dans un autre monde, celui d’Internet 2. Autant les USA, que l’Europe, le Japon et la Chine ont de grandes ambitions pour ce nouvel Internet et comme pour les débuts de son ancêtre les centres de recherche, les universités et les militaires l’utilisent déjà.

Mais ce sont les Google et Microsoft qui en seront les utilisateurs commerciaux privilégiés. C’est ce que certains ont relevé récemment. Je réfère ici à une nouvelle parue dans l’Expansion.fr sur la neutralité su Net et de possibles «utilisations privilégiées». Come on… Google s’intéresse à Internet 2 et veut y avoir accès, point !

Le Web mobile

Au sujet du Web mobile, je rejoins les propos de Bertrand et vais même plus loin… L’ordinateur, ainsi libéré et accéléré, rapetissera et deviendra entièrement mobile ou intégré aux objets usuels tels que les frigos et même les vêtements. Déjà certains d’entre nous en avons en mains : Microsoft Zune, Amazon Kindle, Apple iPhone, Samsung Instinct et bientôt le gPhone (pour Google Phone). Vous voyez ? Nos principaux acteurs sont sur tous les fronts…

Il y a présentement 3,3 milliards d’utilisateurs de la téléphonie mobile sur la planète, selon GSM World. Et ce nombre croîtra d’un milliard en 2009.

Voici d’ailleurs ce que j’en disais déjà en 2006, soit avant les «Smart Phones» :

«Pagettes, cellulaires, agendas personnels, lignes ADSL, ordinateurs portables, Internet/intranet sans fil, terminaux portables, clés U3, Blackberry et iPods. Gadgets et applications “cool” donnent à l’employé d’aujourd’hui une formidable liberté de mouvement et lui permet d’être en contact avec ses collègues, amis, familles n’importe où et virtuellement sur-le-champ. D’un autre côté, connectivité implique accessibilité et disponibilité à toute heure du jour, des éléments qui manquaient cruellement aux Telcos jusqu’à tout récemment. Leur offre large bande ouvre tous les horizons…»

En fait la mobilité déstabilise aussi le pouvoir hiérarchique traditionnel car elle peut “théoriquement” libérer les employés-usagers de leur lieu de travail traditionnel et favoriser le télé-travail, permettant ainsi aux collaborateurs d’exploiter leur expertise où bon leur semble et parfois AVEC QUI BON LEUR SEMBLE et souvent gratuitement ou presque (Crowdsourcing).  Facteur hautement déstabilisant pour les entreprises où la hiérarchie et le contrôle en sont les piliers…

Les nouveaux mobiles comme le iPhone ne sont plus des téléphones mais bien les nouveaux ordinateurs du futur : faciles à utiliser, moins chers et sans disque dur, ils offrent la téléphonie mais aussi le courriel, l’internet et donc, l’accès aux applications que ce soit pour s’amuser, s’informer, colaborer, créer ou même… travailler. Imaginez bientôt ces milliards d’ordinateurs en train de générer des contenus et données personnelles ou d’entreprise !!!

Pas surprenant que tous les grands se positionnent pour profiter de cette manne. Une manne de dollars, bien entendu car le «Cloud Computing» et l’accès à nos données, nous coûtera de l’argent, probablement sous forme de facture mensuelle comme c’est présentement le cas pour le câble et l’électricité. De compagnies Web ou technologiques, Google, Microsoft, Amazon et les autres risquent ainsi de muter sous nos yeux et devenir les prochaines «Utilités publiques», comme le disent nos voisins américains et spécialement Nicholas Carr dans son bouquin «The Big Switch. Rewiring the World, from Edison to Google».

Entreprise 2.0 ou pas ainsi que simples citoyens auront ainsi accès à un nouveau «service Web». Les entreprises à des SaaS ou «Software as a service». Comme je l’écrivais plus tôt, déjà certaines grandes compagnies s’y mettent. Et contrairement à ce que croit Bertrand, les autres devraient suivre rapidement mais pas seulement en 2009… Mais celles qui le font en 2009 profiteront de ma troisième tendance :

L’innovation

Chris Anderson, du Magazine Wired parle d’une nouvelle ère, celle baptisée «The Age of Peer Production». Le travail devient “lieu-neutre” et la collaboration devient virtuelle plutôt que physique. Toutefois, ce paradigme est nouveau pour les entreprises ce qui leur impose encore là, des défis importants de reconversion (R&D), un nouveau style de gestion et des solutions technologiques novatrices. Encore et toujours les mêmes mots qui reviennent : Reconversion, nouvelle gestion, innovation…

Les entreprises qui sauront se servir des nouvelles technologies mises à leur disposition, bien les intégrer, bien les adopter, gérer le changement, et surtout adapter leurs processus de travail et surtout leur modes de gestion seront les entreprises innovantes qui devraient dominer la nouvelle économie.

Pour ce faire, je table sur deux changements profonds à opérer dans l’entreprise qui se veut 2.0. En fait, je n’aime pas cette dénomination. Parlons donc d’entreprise technologiquement et humainement innovante. Pour se sortir de cette crise mondiale, les entreprises se doivent de mettre l’accent sur l’innovation et pour ce faire, doivent impliquer leur principale force : la créativité de leurs employés. Mais pour que ces derniers participent, les entreprises doivent changer leurs processus traditionnels mais aussi leur hiérarchie traditionnelle.

Harnacher l’expertise collective nécessite une hiérarchie horizontale basée sur la collaboration et le participation ouverte. En cela, je prends à témoin Jon Husband et sa Wirearchy et Don Tapscott et ses Ideagoras. Les agoras d’idées de l’auteur du célèbre bouquin Wikinomics, vont permettre de libérer la créativité, dans la mesure où l’entreprise accepte de participer au processus, de l’encourager au lieu de le réprimer au nom du respect des normes, processus établis et hiérarchie bétonnée.

C’est du mélange d’une nouvelle hiérarchie plus horizantale, plus impliquée dans la collaboration et l’appui aux idées nouvelles et de l’ouverture d’espaces de création et de travail collectif qu’originera l’innovation, moteur de la sortie de crise et d’une croissance renouvelée. Et ce n’est pas pour rien que sur plusieurs des sites étiquetés Ideagoras, on parle d’innovation partout, même dans le nom. Innocentive, ça vous dit quelque chose ?  Et YourEncore, site consacré aux retraités et exemple parfait de ce qu’une entreprise pourrait faire pour récupérer l’expertise de ses retraités et leur permettre de participer au grand travail d’innovation, Des exemples de ce genre, ils sont légion : Ideastorm, chez Dell, MyStabuckidea, Mechanical Turk, etc.

Et sur ce, je ne puis qu’être d’accord avec l’ami Bertrand quand il conclue :

«Vous l’aurez compris, le vrai enjeu de l’entreprise 2.0 est la nature même de l’organisation, ce qui justifie qu’on oublie rapidement l’aspect trop connoté du 2.0.»

Communication interactive Entreprise 2.0 Événements OpenSocialWeb

Malcolm Gladwell à la journée Infopresse : des banalités assommantes..

5 décembre 2008

Pour une fois, je vais être d’accord avec le publicitaire Patrick Beauduin… Ce dernier était l’invité hier matin de Christiane Charette afin d’y faire part de ses impressions après avoir assisté à la conférence de Malcolm Gladwell, de passage à Montréal dans le cadre de la Journée Infopresse sur l’innovation. J’y étais aussi, comme plusieurs centaines de personnes.

Bref, voici comment, sur le site de l’émission réalisée par Bruno Guglielminetti, on résume l’intervention de M. Beauduin :«Le publicitaire Patrick Beauduin a assisté à une conférence très attendue hier à Montréal. Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, est considéré comme l’un des penseurs les plus influents au monde. « Il nous a sorti des banalités absolument assommantes. »

Malcolm Gladwell

Et voilà qui résume bien ce que j’en pense… À la fin de sa conférence, j’avais Twitté ceci :

Emergent007: #innov Malcom Gladwell : Signing off. Not the best conference I ever heard…

Et tout de suite, j’avais eu cette réponse de Patrice-Guy Martin, rédacteur en chef de Direction Informatique, lui aussi sur place en vue de «couvrir» la journée :

pgmartin: @Emergent007 il faudrait peut-être qu’il investisse 10 000 heures dans la préparation de la prochaine conférence? #innov

Patrice-Guy faisait référence au thème favori de Gladwell : L’innovation passe par le travail. Vous voyez : Rien de bien génial… Et il a donné de nombreux exemples de personnes ou de groupes de personnes ayant investi au moins 10 000 heures au moins avant de créer quelque chose d’innovant. Il a commencé avec l’exemple de Fleetwood Mac et s’est un peu éternisé dessus. Il a aussi parlé des Beatles, de Bill Gates et des quarts-arrière au football américain, que sept des 10 meilleurs de tous les temps dans la NFL avaient un Qi inférieur à la moyenne, donc qu’ils ont du trimer dur pour devenir des légendes…

Comme je couvrais la conférence avec Twitter, j’ai donc donné tous ces exemples. Voici le genre de réaction que j’ai eu :

PatriciaTessier @Emergent007 Ben la… Practice makes perfect we get it.

Get it ??? Rien d’original dans les propos de Malcolm Gladwell… Interrogé par Christiane Charette, M. Beauduin n’a donc pas caché son immense déception au sujet de la conférence qu’il a prononcée. Pourtant, il avoue avoir apprécié les thèses avancées dans ses livres Le point de bascule et Intuition, des best-sellers. Le livre «Point de bascule» c’est la version française de «Tipping Point».

Et Patrick Beauduin en rajoute : « Moyennant la somme de 550 $, Malcolm Gladwell est venu nous raconter des choses vraiment pas très intéressantes. ». Pour ma part, je n’ai rien payé puisqu’invité par Infopresse à bloguer la journée. Très bien organisé pour les blogueurs cette fois… Par les années passées, j’avais critiqué leur manque d’organisation technologique. Pas de prises de courants pour les «laptpos», pas de Wifi dans les salles, etc… Cette fois-ci, bravo ! Nous avons même eu droit à une mezzanine spéciale, un «kit de presse» et une table réservée au repas.

Le copain Mario Asselin, grand fan de Gladwell, a même eu une attention toute spéciale soit le possibilité d’interviewer directement son idole. Cela donne le billet suivant sur son blogue. Quant au reste de la journée, j’ai bien aimé les deux interventions/conférences auxquelles j’ai assisté en avant-midi. La première fut celle de Laurent Simon, professeur aux HEC et surtout responsable du projet Mosaic. Belle découverte que ce projet dont voici le blogue. Il en a profité pour annoncer que Montréal allait être jumelé à Barcelone l’été prochain pour une université d’été sur le management de la création dans la société de l’innovation.

De sa conférence, il faut retenir les 15 points de l’axe : CONNAISSNCES-CRÉATION-INNOVATION et aussi le fait qu’il a cité deux phrases-choc que j’utilise souvent lors de mes propres conférences : «L’entreprise est ce qu’elle est parce qu’elle se nourrit du savoir collectif…». «Mais si seulement elle savait tout ce qu’elle sait…!».

Peter Andrews en conférence

Finalement, j’ai aussi beaucoup aimé le VP Innovation chez IBM, Peter Andrews, surtout quand il a montré le fonctionnement des «ideagoras», principe de «crowdsourcing» ou de dématérialisation des idées popularisé par Don Tapscott dans son bouquin Wikinomics et un des principes que je soutiens dans mon offre aux entreprises (Entreprise 2.0) :

Emergent007: #innov Andrews : Showing IBM’s Technology Adoption Program

Emergent007: #innov : Andrews : IBM has ThinkPLace an Ideagora for sharing ideas & Innovation with Mentors called Ctalysts

Emergent007: #innov : Andrews : Calls it «Speed Dating fro Ideas»

Emergent007: #innov : Andrews :Showing IBM on SL & Blue Pages «The Who does What» at IBM. Shows where expertise is in Company