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Cloud Computing

Cloud Computing Entreprise 2.0 Innovation Mémoire d'entreprise

Après les professions de foi, vient inévitablement le doute…

18 avril 2009

J’ai vu ce phénomène du temps du Web 1.0 dans la seconde moitié des années 90. Eh bien, je constate que plus ça change, plus c’est pareil. Le Web 2.0 promis comme phénomène social, vague de fond qui va révolutionner la société et les entreprises… Le «Power to the people», la Longue Traine, la collaboration et l’horizontalisation des organisations….

Que d’espoirs et de promesses… Mais n’est-ce que cela ? C’est ce doute qui est en train de s’immiscer dans la communauté Web. Il y a le doute car il y a maintenant des voix discordantes. Au-delà de la profession de foi, on commence à voir des résultats sur le terrain et ces résultats ne sont pas toujours probants.

Les professions de foi

D’un côté, il y a toujours des études qui tendent à conclure en la pertinence et l’efficacité de ce changement de paradigme, aussi bien sur le Web public, à preuve ce billet paru dans Mashable cette semaine et intitulé  :«The Web in Numbers : The Rise of Social Media» mais aussi pour les entreprises, ce que l’on nomme l’Entreprise 2.0.

Hier, l’ami Jon Husband a publié un billet sur les résultats d’une étude sponsorisée par IBM, qui a sondé la faune manégériale australienne et qui est intitulée: «Enterprise Social Network Strategy», publiée fin 2008 et dont je reproduis, comme lui, certaines citations, trois en fait :

“The whole organisation is about collaboration. So the area of social networks is really critical for us, particularly if we want to provide a seamless service delivery to the client.”

“The credit crunch has been a good thing. In good times it takes organisations a long time to look at new things but in times of difficult business we are more ready to see that we need to consider change. The way we market our products is going to be different.”

“For Gen Y, social networking is much more open than traditional computing. Look at gaming. They have a collective mindset – achieving common goals is more important to them. They either win together or they don’t win. ”

Le rapport peut être téléchargé gratuitement à : rossdawsonblog.com/Enterprise_Social_Network_Strategy_Report.pdf

Des citation typiques de tout de que vous pouvez entendre des conférenciers «évangélistes» qui sillonnent la planète pour propager la bonne parole 2.0. Et dans l’autre étude, des chiffres qui montrent bien la pénétration phénoménale du Web 2.0. Donc il s’agirait bien d’une vague de fond irréversible…

Comme je m’intéresse aussi au Cloud Computing, je constate que le phénomène est semblable. L’enthousiasme débridé au début avec promesse que cette nouvelle informatique va régler tous les péchés TI du monde… Ce qui fait que des compagnies d’investissement comme Austin Ventures, qui présentement, devraient être frileuses, annoncent un investissement de 50 millions $ dans une entreprise avec comme but d’offrir le SaaS. Et comme pour le Web 2,0, l’offre explose comme les applications possibles.

Et inévitablement, le doute

On a ainsi commencé à parler de «private clouds» et de «public clouds» et même «d’inter clouds», ce qui a fait sourciller David Smith, analyste sénior chez Gartner, un vieux de la vieille qui a publié les premiers rapports sur les intranets en 1996.

Smith n’est pas le seul à se poser des questions et à faire des recoupements avec la situation qui prévalait dans le temps de la Bulle... Que ce soit sur le Cloud Computing ou encore sur l’Entreprise 2.0 d’autres voix se font maintenant entendre. J’en veux pour preuve cet article paru dans la section technologie du NYTimes et intitulé : «When Cloud Computing Doesn’t Make Sense». Assez clair non ?

On y affirme que le Cloud Computing n’est pas viable pour toutes les entreprises et qu’au contraire, il peut être néfaste et coûteux. Même chose pour l’Entreprise 2.0, même si personnellement, je continue à croire que ce paradigme va transformer les organisations en termes de hiérarchie, d’innovation et de mémoire. Il faut cependant admettre que certains soulèvent des interrogations très pertinentes sur ce qui a toujours été le tendon d’Achille des NTIC en entreprise : le ROI ou RSI.

La dernière prise de bec à ce sujet, si je peux l’appeler ainsi, est venue de Dennis Howlett en réponse à Dion Hinchcliffe, le tout rapporté sur le blogue de FastCompany par une autre grosse pointure du Web 2.0, soit Joe McKendrick. Voici une partie de la diatribe :

«Dennis published a rebuttal to Dion’s post, arguing that there aren’t enough examples out there yet of E2.0 delivering results. And, he adds, the bean-counters and the corner-office folks are in no mood these days for funky new theories and applications:

“… the most serious problem with the analysis is its reliance on
‘jam tomorrow’ as an inducement to feed the trend. It is all very well saying that something is emergent but that cuts little ice in the C-suite where the current focus is on cost reduction – usually of the order of 20%.”

Plus, enterprise collaboration is a dream that’s been chased for decades now, Dennis adds. “Getting a department on board, let alone an enterprise, can be  mind numbing, thankless task. I spend most of my life in the ‘knowledge’ industries but even there it can be like pulling hen’s teeth.”

And how do you measure the ROI? “Where’s the ROI in email? Unlike others, I believe that IS measurable,” Dennis adds. “You can’t quite say the same for blogs except in retrospect.»

Et ce n’est pas la première attaque du genre. Déjà je rapportais, le 17 juin 2007 l’escarmouche entre Andrew McAfee, dit «le père» de l’Entreprise 2.0 et Thomas Davenport, un gourou du KM 1.0 qui a ensuite tourné en bataille rangée le 11 janvier 2008 lors d’un webinar-débat.

J’en concluais alors : «Mais tous deux passent à côté du vrai enjeu pour l’entreprise de demain, 2.0 ou pas 2.0… Davenport et McAfee sont de la génération du BabyBoom et n’anticipent pas ou n’ont pas voulu anticiper, dans ce débat, l’aspect fondamental du changement organisationnel que les générations 2.0 et 3D (la génération Y et la NetGen) vont imposer à l’entreprise : leurs valeurs, leur mode de vie, leur façon de voir le travail, leur façon de collaborer et leurs outils pour le faire. La vieille hiérarchie n’a qu’à bien se tenir car une autre et à la veille de naître et Jon Husband en parle depuis déjà quelques années : la Wirearchy. Une relation à l’autorité beaucoup plus inclusive, moins autoritaire, plus participative et non directive. Une entreprise plus horizontale que verticale et branchée non seulement sur les technologies mais sur la créativité de ce que l’on appelle encore aujourd’hui et de façon très 1.0, son «capital humain».

Quand la poussière retombera

Qu’il y ait des pour, des contres et des dubitatifs est sain et alimente un débat nécessaire sur l’évolution du Web, que ce soit dans sa partie sociale et publique ou encore dans sa partie privée et entreprise, le fameux «intra». La poussière a été levée et tous, nous essayons d’y voir clair, d’anticiper ce qui sera en mesure de permettre à nos clients corporatifs de tirer leur épingle du jeu dans une nouvelle économie et une nouvelle société qui émergent dans une naissance tumultueuse ponctuée de multiples contractions.

Dans pareil contexte, il y aura toujours le doute et l’évanescent ROI, mais une fois la poussière retombée, il y aura forcément transformation. D’une part, de la société, de ses institutions politiques et économiques et d’autre part des entreprises et de leurs formes d’organisation, que ce soit en termes de hiérarchie, d’innovation et de mémoire…


Cloud Computing Entrepôts de données

MAJ : Comme Microsoft, Google met fin au secret : les futurs entrepôts seront “verts” !

11 avril 2009

C’est samedi de Pâques et pour cet évènement peu banal, je m’offre une petite gâterie… Je vais écrire un billet sur les entrepôts de données, ou comme les appellent nos Voisins du Sud, les «Information Factories». J’en ai déjà parlé à profusion mais c’est un billet de Tristan Péloquin qui m’a un peu forcé la main. La semaine dernière, il a publié un billet sur la voracité de ces méga-infrastructures de serveurs. En particulier celles de Google.

Je vous cite un passage : «Chacun de ces conteneurs contient jusqu’à 1160 serveurs, et pompe jusqu’à 250 kilowatts d’électricité. Chaque fois que vous faites une requête sur le moteur de recherche, votre demande passe inévitablement par un de ces monstres».

Quand il parle de monstres, il se réfère à une classe bien particulière d’entrepôts, ceux faits de conteneurs. Et l’ami Tristan de noter que Google jouait pour une première fois la transparence en ce domaine, n’ayant jamais parlé de ses installations depuis 2005. La firme de Mountain View, chacun le sait, ne fait jamais rien à moitié. Alors elle a tout mis l’information concernant ses serveurs, leur composition, ainsi que tous les détails des entrepôts disponibles sur le Web. C’est CNet et YouTube qui ont hérité du trésor d’informations.

Pour y avoir accès, facile… Un premier billet de CNet sur la composition des serveurs intitulé : «Google unlocks once-secret server». et un autre billet de CNet avec une foule de vidéos provenant de YouTube et dont s’est inspiré Tristan. Le billet est intitulé : «YouTube tour reveals Google data center designs».

Une des vidéos disponibles

En cela, Google ne faisait qu’imiter Microsoft, qui a joué cette transparence l’an dernier en permettant un reportage intéressant réalisé  par J. Nicholas Hoover, d’InformationWeek sur la construction du dernier méga-bébé de 550 millions $ de Microsoft. Plus d’un demi-milliard investi dans les montagnes à l’ouest de San Antonio au Texas, donnant ainsi de l’emploi à près de 1 000 personnes sur presque deux ans. (Et vlan dans les dents au gouvernement du Québec qui a refusé à Google de venir en construire un au Québec).

Des classes comme pour les porte-avions

Dans le reportage, on apprend aussi deux autres informations intéressantes sinon fascinantes. D’une part que Microsoft veut être le plus «vert» possible et a demandé à son contracteur de sauver tous les arbres du site mais qu’il va dévorer des quantités énormes d’énergie et d’eau (pour le refroidissement). L’énergie proviendra des filières nucléaire et éolienne. D’autre part, on y apprend également que Microsoft a en chantier entre 40 et 50 de ces méga-centres et que comme pour les porte-avions américains, ils sont identifiés selon des «classes» .

Source : InformationWeek

Celui de San Antonio est de la classe «Quincy», la plus vieille et la plus traditionnelle dans son design. La classe «Chicago» sera la prochaine et la plus gigantesque avec des centres faits d’immenses containers remplis de serveurs, (comme dans la vidéo de Google) prêts à être démantelés et déplacés au besoin. des entrepôts mobiles, quoi… J’avais d’ailleurs entendu parler de ce concept à la conférence Web 2.0 à San Francisco et par des gens de Google à Boston lan dernier.

À San Francisco, le CEO de Sun, Jonahtan Schwartz avait aussi parlé de l’importance que prendrait l’économie d’énergie, donc la virage vert mais pas seulement pour les arbres épargnés. Surtout en consommation d’énergie. Microsoft y pense déjà et prévoit ainsi une nouvelle classe d’entrepôts, soit la classe «Dublin» dont le focus sera entièrement sur les économies d’énergie. Et comme pour les porte-avions, Microsoft entend bien annoncer prochainement d’autres constructions, d’autres classes de centres et le démantèlement des plus vieux et plus énergivores…

Des entrepôts au Québec ?

Dans mes lectures hebdomadaires je tombe aussi sur deux articles similaires et écrits dans Le Monde.fr et Libération.fr, faisant état de la gourmandise énergétique des entrepôts de données de Google.

Dans l’article du Monde.fr, voici ce qu’on dit :«Selon Alex Wissner-Gross, physicien à l’Université de Harvard, deux requêtes sur Google consommeraient autant de carbone qu’une tasse de thé bien chaud. Selon les travaux de ce scientifique, deux requêtes sur Google généreraient 14 grammes d’émission de carbone, soit quasiment l’empreinte d’une bouilloire électrique (15 g).» et encore :«Les centres de calcul( entendre entrepôts de données) sont parmi les infrastructures les plus coûteuses en énergie qu’on puisse imaginer». Libération.fr reprend les propos du même physicien, M. Winnser-Gross.

Ce cher physicien a raison dans un sens. Les entrepôts actuels et les serveurs qui y travaillent à votre service 24/7, ont besoin d’une énorme quantité d’électricité pour fonctionner mais l’entrepôt lui-même a aussi besoin de grandes quantités d’énergie pour les refroidir, surtout que plusieurs de ces entrepôts sont situés dans des endroits secs et chauds.

L’entrepôt de données de Google à the Dalles en Orégon et ses immenses refroidisseurs

Mais la tendance est en train de s’inverser. Comme pour Microsoft et Google, Amazon, IBM, SUN et autres en sont à mettre la dernière touche à leur propre future génération d’entrepôts «portables» qui peuvent être installés facilement dans des endroits froids comme la Sibérie car il en coûte moins cher de chauffer que de refroidir et les coûts de l’électricité y sont habituellement moins chers, disons dans un pays comme le Canada et en particulier au Québec.

Ce n’est pas pour rien que Google s’est intéressé à nous l’an dernier tout en essuyant une fin de non-recevoir du gouvernement du Québec en manque de vision… En passant, quel avenir réserve-t-on aux alumineries qui ferment une à une à Shawinigan, bientôt à Jonquière, etc ? Regardez la photo ci-haut. Cet entrepôt de Google est installé dans.. Oui, oui, une ancienne aluminerie avec une centrale hydro-électrique tout près. Moi ça me fait penser beaucoup à Shawinigan…

Mise à jour sur Microsoft

Je savais que j’avais déjà vu les conteneurs de Microsoft quelque part. Alors pour le pas être en reste avec la vidéo de Google, ci-haut, voici la vidéo d’une présentation faite par le «Director of Data Center Research» de Microsoft, Daniel Costel lors de la conférence GigaOm Structure 08 à San Francisco le 25 juin 2008.

Des entrepôts pour le Cloud

Dans un autre ordre d’idées, il y a aussi les serveurs et comptez sur IBM et Sun pour produire des serveurs plus verts, plus éco-énergétiques. Et l’industrie en est pleinement consciente du phénomène «vert» et a organisé le 26 décembre dernier à Londres, sous l’égide de Sun, une conférence intitulée Data Center Efficiency and Cost Management Seminar, où le thème a été : «Reducing Energy and Management costs, increasing Flexibility and delivering the data centre of the future.»

En terminant, regardez la vidéo ci-haut. Tous les principaux acteurs de l’industrie sont réunis autour de cette table ronde. L’introduction est un peu longue mais j’aime bien les propos de Werner Vogels, le CTO d’Amazon, dont je vous avais parlé à la suite de son apparition sur le podium à LeWeb08 en décembre dernier ainsi que les propos de Vic Gundotra de Google dont j’ai reproduit la récente entrevue avec Tim O’Reilly cette semaine. Tous parlent de la finalité des entrepôts de données : soutenir leur offre de Cloud Computing. J’ai aussi un faible pour Gina Bianchini, la co-fondatrice et CEO de Ning mais cela, c’est une autre histoire…


Cloud Computing Internet2 Médias sociaux Réalité virtuelle Web 3.0 Web sémantique

Bienvenue dans le nouveau Web, celui qui n’a pas de nom ni de numéro !

9 avril 2009

Faut-il vous faire un dessin pour vous convaincre que le Web 2.0 est maintenant devenu ce que les Chinois appellent «Main Stream» ? Peut-être seulement avec ces photos que j’ai prises de ce que les gens du métier journalistique appellent un «spread», soit deux pages pleines et qui se font face.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de recevoir copie de mon hebdo local soit Le Journal de St-Bruno/St-Basile, édition du 8 avril (Eh, oui… je suis un 450) avec en page UNE un titre accrocheur : « Les affaires à l’ère Facebook».

Référence en pages 4 et 5. C’est pas rien… Donc dossier spécial confié à la rédactrice en chef Nathalie Côté qui débute avec ? Je vous le donne en mille : une entrevue avec l’ami Simon Lamarche de chez Adviso et qui explique qu’il s’en sert pour le recrutement :« Ça nous permet de mieux connaitre les gens avant de les engager», confie-t-il à la journaliste.

Cette dernière se penche ensuite sur les entreprises locales. Ainsi elle a trouvé une vingtaine de groupes pour la station de ski Mont St-Bruno dont un créé par le directeur marketing de la station, Maxime Legros qui rencontre un hic avec son groupe de 29 membres :« Le vrai problème qu’on rencontre c’est que c’est dur à l’alimenter de façon générale. On a tendance à vouloir y mettre nos promotions mais ce n’est pas ce qui fonctionne», confie-t-il à la journaliste.

Elle passe ensuite en entrevue quelques autres commerçants de l’endroit et fait ensuite un inventaire des contenus des groupes Montarvillois et sans surprise, il y a un peu de tout, «du concours de décrochage de néons aux photos de gars en bikini», écrit-elle pour ensuite remarquer fort justement que les entreprises et les patrons rencontrés ne savaient pas pour la plupart l’existence de groupes d’employés. La journaliste y va ensuite de sa conclusion en amenant comme spécialiste Marianne Kugler, prof au département de journalisme de l’U. Laval à Québec (probablement une des anciennes profs de la journaliste) qui réitère l’importance pour les entreprises d’être présentes sur Facebook.

Le Web 2.0 n’est plus tendance…

Bref, un bon dossier à mon avis, qui a pour mérite de vulgariser le phénomène sans tomber dans les travers habituels et sensationnalistes de plusieurs médias nationaux et internationaux. J’ai un seul reproche et un vague à l’âme… Pour le reproche, c’est que Nathalie Côté n’a pas fouillé plus loin (volontairement ou pas) pour trouver les vrais réseaux sociaux professionnels pour les entreprises, soit LinkedIn et son pendant français Viadeo.

Le vague à l’âme c’est que le Web 2.0, c’est maintenant du passé comme tendance, une tendance qui a débuté en  2004 avec le FOO Camp en septembre de cette année-là. C’est quoi le FOO Camp ? C’est un rendez-vous organisé chaque année en septembre à Sebastopol dans la vallée de Sonoma en Californie (75 de kilomètres de Silicon Valley) par Tim O’Reilly, le «père» du Web 2.0. Ce camp de deux jours s’appelle donc «Friends of O’Reilly Camp» et regroupe à chaque année, quelque 200 invités, triés sur le volet. Une version «élite» des dorénavant connus «BarCamps»… C’est là en 2004 que Tim a trouvé pas seulement l’appellation web 2.0 mais aussi son essence, qu’il a largement propagée par la suite.

Donc, oubliez Facebook… Pour certains jeunes c’est un site pour les parents et grands-parents. Faudra bientôt aussi oublier Twitter, YouTube, Wikipedia, Flickr et compagnie et regarder ce qui nous attend dans les prochaines années. Je dis cela pour les «early adopters» et les «geeks», bien entendu, car c’est une bonne chose que le Web social atteigne maintenant toutes les couches sociales et ainsi puisse aider à démocratiser nos sociétés et donner plus de pouvoir, plus de voix au chapitre et aux médias à chacun d’entre nous.

émergenceweb : blogue › Modifier — WordPress

Mais pour tous ceux et celles qui sont constamment à l’affût des tendances et du «Next Big Thing», il faudra regarder du côté du Web sémantique à la Twine, des agents intelligents dans nos smart phones, de la Web-télé, du Cloud Computing et des services Web à la Google et Zoho, de l’apprentissage virtuel à la Second Life, du Serious Gaming, de la réalité augmentée, d’Internet2, et du Metaverse. Bienvenue dans le nouveau Web, celui qui n’a pas de nom ni de numéro !

MAJ

Je ne suis pas le seul à noter les changements d’habitudes dans l’utilisation des plates-formes telles que Facebook et Twitter, à preuve ce billet paru sur CNet et intitulé : « Why Facebook and Twitter are aging gratefully». l’auteur Chris Matyszczyk y note, entre autres, les observations suivantes :

«Facebook and Twitter users have wrinkles, torn hamstrings, and many, many fillings. And increasingly, they’re beginning to complain about chillblains, varicose veins, and the Social Security system.

In just the last two months, the number of Facebook members over 35 has doubled. And the biggest demographic grouping isn’t 12 to 18. It’s 35 to 44.

ComScore also reported this week that 10 percent of Twitter users are between 55 and 64. That’s the same percentage as are between 18 and 24. In fact, the majority of Twitter users are 35 or older.

And here’s Reuters telling us that 18- to 24-year-olds are 12 percent less likely than average to visit Twitter.»

Cloud Computing Événements Web 3.0

Web 2.0 Expo – Dans cinq ans, Google aura des agents intelligents pour conseiller les présidents !

8 avril 2009

Hier, en boutade sur mon statut Facebook j’ai écrit que j’étais à San Francisco… Virtuellement. Je le suis toujours et viens d’assister à une conversation passionnante entre Tim O’Reilly (Dieu le grand-père pour l’ami Éric Blot) et Vic Gundorta, anciennement «General Manager of Platform Evangelism» chez Microsoft et un employé de cette compagnie pendant 15 ans. Ce dernier a joint Google en 2007 à titre de vice-président ingénierie. Il est particulièrement responsable de toute la stratégie mobile, ce qui inclue toutes les applications sur iPhone, BlackBerry, Nokia, Androïd, etc.

L’entrevue porte sur la stratégie mobile et c’est ce qui m’intéressait…  J’avais d’ailleurs écrit sur ce blogue, le 18 décembre dernier que les trois tendances de 2009 seraient la dématérialisation, la mobilité et l’innovation. J’ai aussi récidivé en début d’année dans le bouquin «Guide des tendances 2009»… Dans cette longue conversation, les deux compères viennent confirmer, du moins pour la mobilité.

Il y a présentement 3,3 milliards d’utilisateurs de la téléphonie mobile sur la planète, selon GSM World. Et ce nombre croîtra d’un milliard en 2009. et selon Gundorta, il y aura plus de smart phones en 2009 que d’ordinateurs conventionnels. Et tous ces mini-ordinateurs sont connectés sur le Web et le Cloud où ils vont chercher applications et données, ce qui est une de mes autres tendances soit la dématérialisation, ou comme le nomme o’Reilly, «The Web as an Operating System».

Écoutez bien la conversation entre les deux homme et surtout quand Gundorta parle de sa fille de quatre ans, surnommée «Tiger», qui lui a fait prendre conscience qu’il devait quitter Microsoft pour Google. Quand je parle de la génération, «Netgen», c’en est un exemple frappant… J’ai aussi retenu trois autres assertions intéressantes du VP de Google : 1- «Everyone who tries to control the Internet will fail», en réponse à O’Reilly qui essayait de lui faire dire que Google avait comme but avoué de dominer l’Internet.

2- Que la Maison Blanche a demandé à Google d’utiliser sa technologie Moderator pour les «town hall meetings» de Barrack O’Bama et que la première fois, il y a eu des pics de demande atteignant 700 demandes/seconde et que le Google Apps Engine, qui ronronnait derrière, servait en même temps 1 400 autres applications sans ralentissements…

Finalement, Tim O’Reilly a posé une question fort intéressante, à savoir où en sera la strarégie mobile de Google dans cinq ans. La réponse est très Web 3.0 .«In five years, these devices will be our agents, our friends, providing us with notes and advices and we can expect some surprises…». On s’approche drôlement des agents intelligents et de l’intelligence artificielle…

Cloud Computing Communication interactive Entrepôts de données

Cloud computing, guerre de données et un faible pour Gina…

3 mars 2009

Depuis quelques jours, je ne fais que lire des articles ou billets relatifs au «Cloud Computing». Je ne sais pas pourquoi mais il semble que blogueurs et journalistes technos se soient donné le mot. Et tout ce beau monde n’est pas unanime, loin de là, sur les bénéfices de cette nouvelle offre, faite aussi bien aux individus qu’aux entreprises. Il y a les pour et les contre et ces derniers y vont de charges assez bien senties comme cette série d’articles parus dans le E-Commerce Times et intitulés «The Dark Side of the Cloud».

Cette image accompagnant le texte vaut ses mille mots…

ll y a eu aussi ce billet, paru récemment sur cnet news, intitulé «Can you Trust your Enterprise to Google Cloud?» et qui fait suite aux problèmes vécus chez Google, avec la perte de gMail pendant quelques heures, semant un vent de panique sur le Web ainsi que «l’erreur humaine» qui a provoqué l’apparition de «This site may harm your computer» dans tous les résultats de recherche de Google et qui a nécessité une sérieuse mise-au-point de Marissa Mayer.

Ceux qui me lisent régulièrement savent que j’ai beaucoup écrit sur ce sujet et aussi sur son corolaire que constituent les entrepôts de données, nécessaires à toute compagnie voulant offrir le stockage de données et le SaaS, créant ainsi le phénomène du «cloud».

Je vous fais donc grâce d’un autre long et fastidieux billet sur le sujets er surtout sur ses avantages car je crois sincèrement qu’il s’agit là d’une option sérieuse pour les entreprises afin d’économiser des millions de $$$, ce qui n’est pas négligeable en temps de crise.

Il en est à mon avis de même pour les individus, permettant  ainsi la miniaturisation de nos ordinateurs et l’émergence (J’aime bien ce mot) du Web comme utilité publique, un Web rapide, sûr et accessible à tous, moyennant un abonnement mensuel à divers forfaits, ce que Nicholas Carr a appelé «The Big Switch».

Non, pas de long billet. Je tiens simplement à vous faire part, d’un côté de cette vague de scepticisme mais aussi de l’autre de trois autres articles/billets parus aussi au cours des derniers jours et d’une table ronde fort intéressante, organisée par TechCrunch, il y a peu de temps et mettant en vedette tout le gratin du Cloud. Juste pour vous dire qu’il y avait autour de la table, Rackspace, Google, Microsoft, Amazon, SalesForce, Sun Microsystems, Yahoo, Facebook, Ning et Friendfeed. Bizarrement, pas de IBM...

Pourtant, Big Blue a fait la manchette à la suite d’une autre table ronde relevée par Dana Gardner de ZDNet qui a enregistré le tout en audio et retranscrit une partie de la conversation dans un billet intitulé :«Cloud computing aligns with enterprise architecture to make each more useful, says experts». et surtout un autre billet, celui-là dans LeMondeInformatique.fr où on annonce qu’IBM se donne officiellement une division pour le cloud, division qui porte le nom de… Blue Cloud.

Et finalement, un dernier billet, à mon avis le plus significatif, paru sur TechCrunch, où on relate que : «Salesforce is now officially the first enterprise cloud computing company to hit $1 billion in annual revenues.». Imaginez, un milliard $ de profits en pleine récession… Et ce n’est que la pointe d’un immense iceberg. Amazon, Google, Microsoft, IBM et tous les autres veulent ce gros morceau de données glacées dans LEUR cour arrière, d’où la «Data War»…

Free live streaming by Ustream

Je vous suggère donc de vous installer confortablement et d’écouter ce qu’avaient à dire tous les gros canons réunis autour de cette table ronde, entre autres les propos de Werner Vogels, le CTO d’Amazon, dont je vous avais parlé à la suite de son apparition sur le podium à LeWeb08 en décembre dernier.

p.s. J’ai aussi un faible pour Gina Bianchini, la co-fondatrice et CEO de Ning mais cela, c’est une autre histoire…

Cloud Computing Entreprise 2.0 Innovation Mémoire d'entreprise

Mémoire d’entreprise et innovation : Les grandes inventions de l’Antiquité !

31 janvier 2009

Ceux qui me lisent régulièrement le savent… je parle beaucoup de la mémoire de l’entreprise, de sa création à sa conservation. Je travaille aussi beaucoup sur les ideagoras et l’innovation. Le travail de mémoire est, à mon avis, important dans le travail d’innovation, identifié par plusieurs dont Don Tapscott, comme essentiel à la reprise économique mondiale.

J’aime bien ce qu’a aussi écrit Dion Hinchcliffe, la semaine dernière sur l’utilisation des outils Web 2.0 par les entreprises pour se sortir du marasme économique. Je cite un passage de son billet, commis sur ZDNet :

«At this point it’s more than clear that 2009 will be a challenging year for a great many businesses. Most organizations these days are now actively engaged in activities that are taking a look at what they can do to make the best of the current economic situation.

Some business leaders will be looking at paring things back to the basics while a different sort will be looking at entirely new avenues to survive and thrive (Innovation). The decisions we make now can greatly affect what happens to our organizations going forward

Et Hinchcliffe d’y aller de huit recommandations  :

  1. Move to lower-cost online/SaaS versions of enterprise applications.
  2. Use Enterprise 2.0 to capture the knowledge and know-how of employees.
  3. Embrace new low-cost models for production such as crowdsourcing.
  4. Lower customer service costs by pro-active use of online customer communities.
  5. Reduce application development and integration time/expenditures with new platforms and techniques.
  6. Open your supply chain to partners on the Web.
  7. Overhauling and reinventing paper and digital workflow.

Les quatre premières, vous l’aurez remarqué, portent sur le Cloud Computing, l’Entreprise 2.0 et le «Crowdsourcing» ou la dématérialisation des emplois grâce aux ideagoras.

Le génie de la Chine Impériale…

Se servir de la mémoire de l’entreprise et de celle de ses employés pour générer des idées nouvelles est essentiel pour la compétitivité des entreprises et à ce sujet, nous devrions tous écouter attentivement ce que le passé a à nous apprendre. Je vous suggère donc la nouvelle série diffusée par le canal Historia : «Les grandes inventions de l’Antiquité». Hier était diffusé l’épisode :«Le génie de la Chine Impériale». Un des principaux passages porte sur la Dynastie Song, dynastie qui a propulsé la Chine dans l’ère industrielle 2 000 ans avant le reste du monde.

Quand l’Empire est entré en décadence et qu’il s’est refermé sur lui-même, tout le savoir industriel accumulé a été, soit détruit, soit perdu, soit gardé au secret. Résultat : un retard de presque 2 000 ans dans notre évolution humaine.

Je vous conseille de regarder la rediffusion demain 1er février à 9h00 ou le mardi 3 février à 18h00. Voici un extrait de la bande annonce (et j’en rajoute un peu car ils ne disent pas tout):

«Alors que l’on célèbre l’époque de la Renaissance avec les innovations de Léonard de Vinci et Christophe Colomb, la Chine fait figure de “low profile” avec pourtant une myriade d’inventions : le puits de pétrole, le marteau hydraulique, le papier, la poudre à canon,  le principe des engrenages et des transmissions et même des machines cosmiques et des horloges fonctionnant à l’eau!».

Pour moi, quelle fascinante découverte que cette Chine industrielle complètement oubliée de l’histoire…Ce qui ne pousse à conclure, une fois de plus :«L’entreprise est ce qu’elle est parce qu’elle se nourrit du savoir collectif (mémoire). Mais si seulement elle savait tout ce qu’elle sait !»

Cloud Computing Études Internet Événements

Les Crunchies 2008 : Encore Facebook ? Pas d’accord !

10 janvier 2009

Il faut que je me pince plusieurs fois à la lecture des résultats de la cérémonie des Crunchies 2008, qui a eu lieu hier soir à San Francisco. Contrairement à l’an dernier je n’ai pu y assister en direct sur Ustream. J’ai donc consulté le site ce matin sans grand succès non plus…  Le site n’a pas été encore mis à jour (Gros party hier soir…). J’ai donc consulté les blogues de TechCrunch et  de VentureBeat, un des partenaires de l’évènement organisé par Michael Arrington de TechCrunch. J’ai trouvé ce que je cherchais…

Pourquoi me pincer ? Tout simplement parce que je croyais lire les résultats de 2007… Mark Zuckerberg, créateur de Facebook, sur la scène pour recevoir deux trophées, soit celui de la catégorie «Best Overall» et celui de «Best Startup CEO». Et dans la catégorie «Best new gadget/device», le iPhone de Apple ?

Voici ce que j’écrivais l’an dernier :

«Comme dans toutes les cérémonies de remise de prix, il y a eu un grand gagnant de la soirée. Dans le domaine du Web et des nouvelles technos qui a dominé la scène en 2007 ? Si vous avez répondu Facebook, vous êtes en plein dans le mille… Facebook a gagné dans la plus importante catégorie, soit «Best Overall» avec en commentaire de Arrington :«Facebook revolutionized the idea of what social networking could be.» Je suis absolument d’accord ! Dans cette catérorie, FB était en compétition avec Digg, GrandCentral, Twitter et Zillow, quand même pas rien… Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, seulement 23 ans, est venu chercher le prix.

Quelques minutes auparavant, le même Zuckerberg s’était vu décerner le Crunchie du «Best Startup Founder», le deuxième honneur en importance. Je ne vous ferai pas la liste de tous les gagnants et de toutes les catégories. Pour cela, vous pouvez aller consulter la liste ICI mais je me dois de vous parler de quelques petits «à-côtés» qui ont pimenté la soirée. Ainsi, nous avons eu droit en milieu de soirée à une parodie de Steve Jobs…. (encore…) En fait, plusieurs savent qu’il existe sur le Web un faux Steve Jobs avec son blogue. Les organisateurs ont donc décidé de monter une parodie féroce du vrai en utilisant un faux. Pourquoi ? Parce que le vrai n’a pas daigné assister à la cérémonie non plus que personne chez Apple. Pourtant Apple a gagné dans la catégorie du meilleur gadget techno, bien sûr avec le iPhone…»

Ouf !!! Seule différence, c’est que Zuckerberg a gagné cette année comme meilleur CEO de «startup»et non meilleur fondateur. En passant, qu’il soit mis en nomination dans une catégorie «startup» me donne des boutons… Une «startup» Facebook ? Pas d’accord ! Le titre de meilleur fondateur de «startup» est allé, cette année et à mon avis fort justement, aux trois compères de Twitter, soit Evan Williams, Jack Dorsey et Biz Stone. Autre subtile différence, Apple a gagné pour le iPhone 3G…

Comme je le mentionnais dans le billet de l’an dernier, l’année 2007 a été celle de Facebook mais que 2008 soit encore la sienne ? Pas d’accord, même si Facebook est aussi arrivé deuxième dans la catégorie «Best technology innovation or achievement» avec Facebook Connect. Pas d’accord, donc. Pour moi, l’année 2008 a été celle de Twitter. Et pour une seconde année, ils ont été en nomination dans la catégorie dominée par Facebook (Best Overall), arrivant cette année deuxièmes. Ile méritaient ce trophée !

Vous avez vu les chiffres de croissance du Twitter ? Regardez les graphiques ci-dessous : 752,9 % d’augmentation en visiteurs uniques en 2008 !!! Et Facebook ? 85,7 % d’augmentation. Rien de comparable. Twitter atteint presque les 4,5 millions de visites uniques contre 60 millions pour Facebook mais regardez d’où ils sont partis en début d’année. Facebook de 32 millions de visites et Twitter de 500 000 visites …

Bref, pas d’accord avec le jury. En passant, nous pouvions voter cette année dans toutes les catégories, ce que j’ai fait. Et oui, j’ai voté pour Twitter… Mais il semble que la majorité des 350 000 votants ait pensé autrement… Pour en revenir aux gagnants, je veux souligner, entre autres, les cinq catégories suivantes :
La meilleure application/service web : Google Reader, la meilleure technologie ou réalisation Windows Live Mesh, la meilleure entreprise : Amazon Web Services, (dommage pour Zoho en nomination), le meilleure startup internationale : eBuddy (en non Viewdle, primée à leWeb08, même pas en compétition) et finalement LA meilleure startup de l’année 2008 : FriendFeed.

Dans les trois premières catégories, des services ou entreprises ayant rapport avec le Cloud Computing et en particulier LiveMesh, le fer de lance de l’offensive de Microsoft et Ray Ozzie (qui était sur place hier) en ce domaine et dont j’ai parlé ICI récemment. Un signe pour 2009 ???

Ray Ozzie, hier soir aux Crunchies 2008

En terminant, un peu de «peoplisation», comme diraient nos cousins d’outre-Atlantique. Entre autres noms dans la salle hier et ainsi relaté sur le blogue de TechCrunch :

«Last night at the Crunchies, the Herbst theater in San Francisco was packed to capacity. In attendance to collect awards were Facebook founder Mark Zuckerberg, Microsoft chief software architect Ray Ozzie, Amazon CTO Werner Vogels, Google product chief Marissa Mayer, Twitter founders Evan Williams, Biz Stone, and Jack Dorsey, imeem founder Dalton Caldwell, and many more. (Read who won here). FriendFeed founder Paul Buchheit was so excited about winning Best Startup of 2008 that he videotaped the award from his seat (embedded below, go to the 2:20 mark to see what it was like to win from his vantage point).

In adition to the winners, Y Combinator’s Paul Graham, Seesmic CEO Loic Le Meur, and Mahalo CEO Jason Calacanis also made appearances on stage»

Et puisqu’il est question de l’apparition sur scène de l’ami Loïc LeMeur, la voici avec quelques autres clips de la cérémonie. Amusant de le voir en complet-cravate…

my Crunchies mashup and jokes

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#LeWeb08 : Mon palmarès des 5 meilleures conférences !

28 décembre 2008

En écrivant hier à propos de l’évènement «Start-up Competition» à la conférence LeWeb08, je croyais bien terminer mon bilan de ma présence à Paris en tant que blogueur officiel. Eh bien, non, c’est faux. C’est qu’après avoir publié ce billet, j’ai eu immédiatement en commentaire une question de l’ami Éric Blot, PDG de Awak’iT, une des meilleures sociétés françaises dans le domaine de la communication et du Web 2.0 pour les entreprises bref, les mieux positionnés dans le marché de l’Entreprise 2.0.

La question était simple : «Hello Claude, toi qui a assisté à presque toutes les conférences, quelles sont les deux incontournables à regarder en VOD ?». En répondant ainsi à Éric : «À mon avis, le panel Platform Love modéré par Marc Canter, l’entrevue de Marissa Mayer de Google et finalement l’entrevue avec le Dr. Werner Vogels d’Amazon. Je donnerais aussi une mention plus qu’honorable à l’entrevue réalisée par Loïc avec Gary Vaynerchuk», cela m’a fait penser que je n’avais effectivement pas fait de bilan qualitatif comme pour le «Starutp competition».

Donc, voici remanié mon palmarès pour LeWeb08 et au lieu de me limiter à deux comme le demandait Éric, j’en rajoute trois. Note supplémentaire : Il ne s’agit QUE des conférences sur la scène principale et en les regardant l’une après l’autre, vous allez comprendre mon choix. Il s’agit de cinq conférences ou panels qui traitent de façon intelligente de l’identité numérique.

Vous savez que je parle de ce sujet depuis plus d’un an et que je prédis à qui veut l’entendre que ce thème, qui implique nos données personnelles et d’entreprise sur le Web, sera au centre de la nouvelle année. Alors, voilà mon Top 5:

1. Le panel Platform Love modéré par Marc Canter
2. L’entrevue du Dr. Werner Vogels, VP & CTO chez Amazon
3. L’entrevue de Marissa Mayer, VP Search Products & User Experience chez Google
4. L’entrevue de Linda Avey, C0-fondatrice de 23AndMe, Inc.
5. L’entrevue de Gary Vaynerchuk, hôte de la série Wine Library TV sur Internet

Mon numéro un, vous l’aurez remarqué, est un panel. Le panel «Platform Love» modéré par Marc Canter, est de loin, le meilleur moment de la conférence. Canter, qui est reconnu pour son franc parler et son parti-pris pour les utilisateurs du Web «God is the User» (il a co-signé le Bill of Rights of the Users of the Social Web), anime ici une passionnante discussion avec tous les gros joueurs du marché, soit Google, Microsoft, Facebook etc. Et les personnes invitées sont des poids lourds :

David Glazer – Director of Engineering, Google
Jeff Hansen – General Manager, Services Strategy/Live Mesh, Microsoft Corporation
Dave Morin -Senior Platform Manager, Facebook
David Recordon – Open Platforms Tech Lead , SixApart
Max Engel, Head of Data Availability Initiative, MySpace

David Glazer, de Google est un des membres de la Open Social Foundation, David Recordon de Six Apart, un des membres de la fondation Open ID, Jeff Hansen de Microsoft, l’un des bras droits de Ray Ozzie dans LiveMesh, Dave Morin, de Facebook est un ancien d’Apple et est maintenant responsable de Facebook Connect et Max Engel est responsable du DAI chez MySpace… Tous responsables de nos données personnelles et de leur sécurité et de leur portabilité. Je ne vous en dis pas plus. Écoutez ce qu’ils ont à dire et ce que va répondre Micheal Arrington en commentaire dans la salle : c’est hallucinant et ils vont aussi parler de Identi.ca !

Stream videos at Ustream

Après le Open social et la possibilité de «promener» les données des utilisateurs, vient l’urgence de les entreposer. C’est là que l’entrevue avec le  Dr. Werner Vogels, VP & CTO chez Amazon est intéressante. Ce dernier parle, entre autres, des réticences des entreprises à se départir de leurs données et applications et les entreposer dans le nuage Web, autrement dit, le Cloud Computing !

Après avoir été portabilisées et entreposées, nos données sont prêtes à être recherchées. Regardez attentivement ce que  Marissa Mayer, VP Search Products & User Experience chez Google a à dire sur les futurs développements de l’engin de recherche le plus populaire de la planète et en particulkier d’un produit qui les intéresse mais que je ne connaissais pas : Mechanical Zoo !

Live Broadcasting by Ustream

Toujours dans le domaine des données personnelles, je vous suggère aussi cette entrevue fascinante de Linda Avey, Co-fondatrice de 23AndMe, Inc. C’est l’ultime limite de vos données personnelles : vos gènes !!! Et dire que sa compagnie est financée par qui ? Nul autre que Google !

Free TV Show from Ustream

En terminant, je vous laisse avec l’entrevue de Gary Vaynerchuk, hôte de la série Wine Library TV sur Internet. Ça n’a rien à voir avec les quatre autres mais j’ai adoré sa fougue et son énergie. Et réussir à boucher Loïc, faut le faire !!!

Broadcasting Live with Ustream.TV

Cloud Computing Entreprise 2.0

Microsoft : L’Empire peut-il se métamorphoser en «startup» ?

26 décembre 2008

Pourquoi Bill Gates dit-il de Ray Ozzie qu’il est l’un des cinq meilleurs programmeurs de l’Univers ? Réponse : Parce qu’il en a fait son successeur à la tête de l’Empire Microsoft. Mais comme dans la série de SF de Georges Lucas, avant que n’arrive le Sauveur, l’Empire a contre-attaqué mais pas avec les résultats escomptés… La Rébellion (Google, Amazon, etc., mais aussi Apple) a riposté avec le support du peuple, a vaincu…

Conclusion hâtive ??? Peur-être car dans le scénario de Gates, Ray Ozzie n’est pas Darth Vader, loin de là… Darth Vader, c’est Steve Ballmer, tentant d’écraser la compétition avec les moyens technologiques et financiers d’un empire du Web 1.0 : Suites logicielles personnelles et d’entreprise, systèmes d’opération installé dans tous les PC vendus sur le marché ou presque, navigateur Web forcé, jeux vidéo sur consoles, etc.

Le résultats ? Un Empire que est toujours un formidable joueur dans le domaine des technologies et du Web mais plus dominant… En fait, il croule… Rien de mieux que cette pub d’Apple pour résumer la situation.

Alors, que pouvait faire Gates devant un pareil constat d’atteinte de son propre niveau d’incompétence ?  Une partie de la réponse est contenue dans un superbe reportage paru dans la revue Wired du mois de décembre 2008 et signé par Steven Levy et dont je reproduis ici l’essence : Cette réponse c’est s’auto-limoger et se faire remplacer par celui qui a été désigné par tous et je dis par TOUS dans le domaine des Ti et du Web comme LE génie du siècle, celui qui a créé  Lotus Notes.

Eh oui, celui qui à l’Université de l’Illinois au début des années 1970 a fait la rencontre de sa vie avec  le système PLATO (personel logic for automated teaching operations) et surtout son système alors révolutionnaire et “avant-gardiste” de collaboration en ligne appelé Personal Notes, l’ancêtre du courriel.

Depuis cette découverte, Ozzie n’a jamais cessé de rêver et de vouloir concevoir le parfait système collaboratif qui relierait l’ernsemble des Internautes de la planète. De là, entre autres, Lotus Notes, acheté par IBM et maintenant le squelette de toute la stratégie collaborative du géant américain qui se pose comme la référence en matière d’Entreprise 2.0.

Ray Ozzie dans son bureau chez Microsoft
Photo: Lionel Deluy parue dans la revue Wired

Donc, voici notre Ray Ozzie à la tête de l’Empire aux pieds d’argile… Avec comme mission de sauver les meubles et mieux, d’insuffler une nouvelle vie 2.0 et au-delà, à une bureaucratie hiérarchique tout ce qu’il y a de 1.0. Résultat : le projet nom de code : Red Dog devenu depuis Azure avec une toute petite équipe fonctionnant à l’horizontale, hors des règles établies par la “Corporation”. Regards de travers et jalousie pour cette bande d’hurluberlus se promenant en «runnings» rouges et défiant ouvertement les règles de fonctionnement interne et la hiérarchie établie…

Mais en bout de ligne, il y a eu l’accouchement de la stratégie de Ray Ozzie. Cette dernière ne vous semblera pas particulièrement innovante puisque nous en parlons depuis au moins un an : «Windows in The Cloud». Bref, la dématérialisation, entre autres, de la suite Office (Word, Excel, Power Point, Outlook) dans le «nuage Internet». Rien de neuf une fois de plus… Google le fait déjà. Mais pour Microsoft, il s’agit là d’une RÉVOLUTION. De dire Ozzie : «Our greatest challange may lie within». En bref, ramener la vie, la créativité et l’innovation à un géant sclérosé avec ses 90 000 employés et ses 60 milliards $ de revenus.

La stratégie de Cloud Computing, déjà amorcée par la mise en place d’une multitude de méga-entrepôts de données, ne s’arrête pas à la suite Office. Cela inclut aussi ce que nos Voisins du Sud appellent la Killer App : Live Mesh… Qui selon les propres termes de Ozzie «will allow people to seamlessly synchronize all their information with as many people and places as they want, across as many devices (computer, phone, camera) as they want.».

Les cadres de Microsoft auraient dû porter encore plus d’attention au mémo leur ayant été expédié par  Ozzie le 30 octobre 2005 et qualifié tout de même de tremblement de terre interne au même titre que le célèbre mémo à la Paul Revere de Gates. Celui de Ozzie disait en substance que Microsoft était sur le point de rater le train de l’innovation et de la compétitivité :

Our products have embraced the Internet in many amazing ways. (Implicite dans le massage : pas assez.)

But for all our great progress, our efforts have not always led to the degree that perhaps they could have. (Nous traînons de la patte….)

And while we continue to make good progress on many of these fronts, a set of very strong and determined competitors is laser-focused on Internet services and service-enabled software. (Et nous ne le sommes pas)

Even beyond our large competitors, tremendous software-and-services activity is occurring within startups and at the grassroots level. (Des p’tits jeunes de 20 ans dans leurs garages nous surpassent!)

Many startups treat the “raw” Internet as their platform. (Pendant que nous essayons de finir Vista !)

Les principaux lieutenants de Ray Ozzie dans les bureaux de Microsoft Windows Live Core  (de gauche à droite) David Treadwell, Debra Chrapaty, John Shewchuk, Jack Ozzie, et Amitabh Srivastava.
Photo: Lionel Deluy parue dans la revue Wired

Microsoft, avait écrit alors Ozzie, doit penser et agir plus comme une compagnie Internet et si possible comme une «startup» «Consider ad-supported or subscription business models», avait-il conseillé, «viral distribution, and experiences that “just work.” Instead of the clunkiness that Microsoft products so often displayed, focus on being “seamless» . En bout de ligne, changement et innovation ou…

Changement, innovation, Cloud Computing et guerre de données sur le Web entre les grands du Web que sont Google, Amazon, SalesForce et dans une moindre mesure IBM et SUN, tous appelés à devenir les prochaines «utilités publiques» du Web. C’est là le défi de 2009 pour Microsoft. Rester à tout prix dans la course, redevenir agressive, inventive, innovante, apte à rêver de nouveau :

“Live Mesh is very Ray,” Mitch Kapor says. “It’s the son of Groove, which is the son of Notes.” Which was, of course, the son of Ozzie’s beloved Plato. Thirty-three years later, Ozzie is still trying to build on what he saw in sophomore year. But it’s no longer the Ray Ozzie vision. It’s Microsoft’s.

Les 90 000 employés de Microsoft suivront-ils Ozzie dans le nuage ???

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Sondage spontané #LeWeb08 : Le Web 2009 en deux mots…

23 décembre 2008

Hier en faisant ma promenade quotidienne dans les méandres de Twitter, je suis tombé par hasard sur un «Re-Tweet» de Philippe Martin de l’ami Philippe Jeudy. Sur son blogue, le second Phil a reproduit une vidéo tournée à la fin de la conférence LeWeb08, où l’on demande aux participants de décrire «en deux mots», ce que sera le Web en 2009. Il a ensuite Twitté l’URL de son billet.

Première remarque : Les commentaires reflètent les propos tenus par les principaux conférenciers et ténors lors de la conférence de notre ami Loïc LeMeur.. Seconde remarque : Bien peu de répondants parlent des trois tendances lourdes que j’ai évoquées dans mon billet-fleuve du 18 décembre et intitulé :«L’entreprise 2.0 en 2009 : Je me méfie des prédictions…». Ces trois tendances sont : la dématérialisation, la mobilité et l’innovation. Dématérialisation des données, mobilité des outils et innovation des organisations.

Comme vous le verrez dans la vidéo, la synthèse faite en sept points est la suivante :

  1. Le ROI
  2. Réseaux sociaux en live
  3. Contenus 3D
  4. Le mobile
  5. le eCommerce
  6. 2008 en mieux
  7. Je ne sais pas…

J’ai donc répondu à l’ami Philippe Martin :

Emergent007 RT @PhilippeMartin: Les tendances du web en 2009 http://philj.wordpress.com/… Tous tort, m’ont pas demandé 😉

Cette réponse un peu «baveuse» a immédiatement soulevé l’intérêt de Phil Jeudy mais aussi de Sandrine Plasseraud, une des blogueuses officielles à la conférence et elle aussi interviewée dans cette vidéo. Elle m’a demandé :« Mais t’aurais dit quoi toi en deux mots ?». Facile… Des trois tendances mentionnées plus tôt, je choisis en priorité la première, soit la dématérialisation. Et dématérialisation égale données. J’ai donc répondu : Data War… J’ai déjà publié plusieurs billets sur le sujet, regroupés ICI.

MAJ :

Et pour encore mieux illustrer mon propos, je vous laisse avec deux messages que vous avez probablement vus ou reçus récemment. Le premier émane de Yahoo et vise, selon eux à «améliorer les performances du service».

Yahoo-donnees

Le second vient de Facebook et s’affiche lorsque quelqu’un vous envoie une invitation à partager une mini-application, dans ce cas-ci,  se nommant Papa Noël…

En langage «geek» on appelle ce procédé du «scraping de données», vos données… Je vous renvoie donc au reportage sur «The Data Wars», écrit par Josh Mchugh dans le magazine Wired  et qui traite de ce phénomène, courant pour les plates-formes de mise en relation sociale ou professionnelle ( ex: LinkedIn ou Viadeo qui vous proposent de récupérer les adresses de vos contacts dans Outlook ou Gmail).

Dans cette guerre des données, que se livrent, entre autres, Yahoo, Google et Microsoft, l’auteur note que lorsque Microsoft a investi dans Facebook, toutes les plates-formes rivales, dont LinkedIn, se sont vues interdire l’accès au service webmail de Microsoft, ne pouvant plus ainsi «scraper» les noms et adresses email des membres . De plus, plusieurs compagnies, dont Google ont commencé à mettre en place des API pour contrôler et même canaliser le «raclage» de leurs données par d’autres sites ou plates-formes.

Le reportage se termine par une répartie de Reid Hoffman de LinkedIn :

«It’s not the place of companies like Yahoo, Microsoft, Facebook or LinkedIn to decide who gets access to thier user’s data. It should be up to the users themselves. It’s simple, the individual owns the data, even if it sits in some company’s server farm».

(Google pour ne pas la nommer…) Et on en revient au débat qui a fait rage à la fin de la conférence LeWeb3, la conférence de Loïc Le Meur à Paris en décembre 2007 et non celle de cette année. La propriété des données, leur utilisation à des fins autres, la gestion de l’identité numérique, d’ailleurs relevée comme un enjeu majeur des prochaines années par Patrick Barrabé dans son livre blanc «Business Social Networking».

Ce n’est pas pour rien qu’en mai prochain, à webcom-Montréal, qu’un des deux thèmes sera l’identité numérique (nos données sur le Web). En passant, un des signataires du «Bill of Rights for Users of the Social Web», membre du Gillmor Gang et fervent défenseur de notre droit à la propriété de nos données, Marc Canter, a confirmé sa présence à Montréal le 13 mai prochain.

Cloud Computing Communication interactive Entreprise 2.0

L’Entreprise 2.0 en 2009 : Je me méfie des prédictions…

18 décembre 2008

Habituellement, je me méfie de tous les gourous et spécialistes qui prétendent lire l’avenir technologique et ainsi prévoir ce que seront les grands axes d’innovation ou de développement pour les entreprises dans la prochaine année. Cela me fait penser aux astrologues-médiums et qui avec leur boule de cristal, cartes ou astres prétendent prédire l’avenir… Mon oeil…

En fait, qui aurait pu prédire que la crise financière éclaterait à ce moment précis et surtout qu’elle entraînerait la planète dans une profonde récession, certains parlent même de dépression ? Personne en fait. Mais les oracles et les gourous ont la couenne dure et on les voit maintenant s’agiter afin de prédire, pour certains, une quasi fin du monde, pour d’autres, des jours meilleurs d’ici une poignée de mois…

À mon avis, et dans le contexte actuel, personne ne peut prédire avec exactitude quels seront les grands axes de développement de l’Entreprise, dite 2.0 en 2009. Pour ma part et en réponse aux prédictions faites par l’ami Bertrand Duperrin, je me limite à parler de (et non prédire) trois tendances lourdes qui vont certainement influencer leurs stratégies. Et deux de ces tendances rejoignent les propos de l’ami Bertrand.

Ces trois tendances sont la dématérialisation, la mobilité et l’innovation…

Pour ce qui est de la première, je reprends et enrichis le contenu de mon billet du 10 octobre dernier et qui a trouvé écho dans le quotidien français Le Monde, le 22 octobre. À mon avis, donc, la prochaine année sur le Web mais aussi pour les entreprises, sera profondément marquée, à part la crise financière et économique, par la course aux données, NOS données et celles des entreprises…

Et qui sont déjà engagés dans cette course folle ? Des géants comme Google, Microsoft (qui vient d’annoncer sa stratégie hybride nommée Azure et appuyée par une autre de synchronisation des applications et données appelée Live Mesh), Amazon, IBM, Sun Microsystems et quelques autres joueurs. Une course, que dis-je, plutôt une guerre commerciale et technologique sur plusieurs fronts, dont ceux de la vitesse de transmission, la capacité d’entreposage, la sécurité et la portabilité des données et qui a pour enjeu rien de moins que toutes vos données, aussi bien personnelles que les données et applications des entreprises, la «Data War », comme l’a nommée le magazine Wired.

Microsoft organise un tirage, un jeu. Mais l’objectif est sérieux la sécurité de vos données !

Dans son billet prédictif, Bertrand parle de la résistance des services informatiques traditionnels face à cette nouvelle offre dématérialisée et je suis d’accord avec lui comme le prouve la pub de Microsoft ci-haut destinéer à une clientèle frileuse…. Mais pour avoir assisté au panel sur le sujet à Boston en mai dernier, intitulé «An Evening in the Cloud» et à l’entrevue à LeWeb08 à Paris la semaine dernière avec le Dr Werner Vogels, VP et CTO chez Amazon que je reproduis ci-dessous, les barrières semblent tomber plus vite que prévu.

Free TV : Ustream

Et j’en veux aussi pour preuve deux exemples significatifs soit Cap Gemini qui signe une entente avec Amazon et Veolia qui signe une entente avec SalesForce. Toutes deux ont donc annoncé leur intention de virtualiser leurs données et applications. Et compte tenu de la crise économique, force est d’admettre que de plus en plus d’entreprises vont se laisser séduire par des solutions Web qui permettent de réduire ÉNORMÉMENT les coûts d’opération, de stockage et d’entretien des applications et serveurs de données.

Car il ne faut pas se le cacher, bien peu d’entreprises seront en mesure de traiter la quantité sans cesse croissante de données, surtout générées par l’introduction des technologies du Web collaboratif. Et  surtout, de maintenir indéfiniment des centres de traitement informatiques pour leurs données et applications et ce, à coup de centaines de millions de dollars ou d’euros par année…

Dans cette guerre sans merci, une des armes d’accumulation massive est donc, sans contredit, les méga-entrepôts de données comme celui de Google à The Dalles en Orégon. À l’origine, une ancienne aluminerie avec, à la clé, une centrale électrique et reconvertie en entrepôt de serveurs. Des milliers d’entre eux, installés en rangées du plancher au plafond et refroidis par un monstrueux système de climatisation. Ces serveurs sont des ordinateurs qui n’ont comme but que d’accumuler des données et de les rendre ensuite accessibles aux demandeurs.

Le complexe de Google à The Dalles

Et celui de Microsoft à San Antonio au Texas


Qui seront remplacés par des containers ???

Google a commencé à en installer pour répondre aux besoins sans cesse croissants de son omnipotent moteur de recherche (100 millions de requêtes/jour, 200 Petabits de disque dur, 1 Petabit = 1 million de milliards) mais s’est vite rendu compte qu’ils «serviraient» aussi à soutenir son offre de «services Web» aux particuliers comme aux entreprises. Des services comme gMail ou GoogleDocs, par exemple.

Et comme de plus en plus d’entreprises et de personnes vont utiliser le Web de Google et des autres et y générer des «téra et petabits» de données, plus le Web aura besoin de gérer ces données, de les entreposer mais aussi de proposer aux individus et surtout aux entreprises, des suites logicielles et d’applications pour accéder à ces données. Ces suites, comme celle d’Office et les données qu’elles génèrent sont présentement installées et/ou stockées sur nos disques durs, sur des DVD ou clés USB.

S’il n’en tient qu’à Google, Microsoft et autres compagnies, ces données et applications quitteront donc l’ordinateur traditionnel. Georges Gilder, du magazine américain Wired, décrit ainsi ce que Google, Microsoft et les autres sont en train de réaliser:

«The desktop is dead. Welcome to the «Internet cloud», where massive facilities across the globe will store all the data you’ll ever use. »

Le «desktop» deviendra un terminal branché sur un «nuage Web» ou ordinateur central planétaire, ce que de plus en plus de personnes nomment le «Cloud Computing». Littéralement, l’informatique traditionnelle, faite d’ordinateurs à disques durs, de centres de traitement, d’applications et de logiciels, tous entretenus par une armée de spécialistes, sera vaporisée en un nuage Web et les données qu’ils contenaient, stockées dans les entrailles des centaines de milliers de serveurs réunis dans des entrepôts et reliés entre eux par un Internet ou Web de plus en plus rapide.

L’ordinateur planétaire aura besoin d’une autre composante essentielle qui se met d’ailleurs en place. De la vitesse de traitement pour servir les données. Sur ce front de la bataille on peut voir qu’entre l’Asie et les USA a été mis en place le PC1 Cable System et que ce dernier offre actuellement une possibilité de transit d’information (de données) de 180 gigabits/seconde (Un gigabit = un milliard de bits), et qu’en plus il a été conçu pour atteindre UN Tétrabit/seconde !!! (Un terabit = 1 000 milliards de bits).

Pour remettre ces chiffres en perspectives, je n’ai qu’à comparer avec ce que nous offre actuellement un fournisseur Internet tel que Vidéotron avec un forfait maximal, appelé TGV 50, de 50 mégabits/seconde !!! Malgré tout on est aujourd’hui bien loin des kilobits par seconde du début de l’Internet, que l’on nomme toujours Internet1. À 180 gigabits/seconde nous entrons dans un autre monde, celui d’Internet 2. Autant les USA, que l’Europe, le Japon et la Chine ont de grandes ambitions pour ce nouvel Internet et comme pour les débuts de son ancêtre les centres de recherche, les universités et les militaires l’utilisent déjà.

Mais ce sont les Google et Microsoft qui en seront les utilisateurs commerciaux privilégiés. C’est ce que certains ont relevé récemment. Je réfère ici à une nouvelle parue dans l’Expansion.fr sur la neutralité su Net et de possibles «utilisations privilégiées». Come on… Google s’intéresse à Internet 2 et veut y avoir accès, point !

Le Web mobile

Au sujet du Web mobile, je rejoins les propos de Bertrand et vais même plus loin… L’ordinateur, ainsi libéré et accéléré, rapetissera et deviendra entièrement mobile ou intégré aux objets usuels tels que les frigos et même les vêtements. Déjà certains d’entre nous en avons en mains : Microsoft Zune, Amazon Kindle, Apple iPhone, Samsung Instinct et bientôt le gPhone (pour Google Phone). Vous voyez ? Nos principaux acteurs sont sur tous les fronts…

Il y a présentement 3,3 milliards d’utilisateurs de la téléphonie mobile sur la planète, selon GSM World. Et ce nombre croîtra d’un milliard en 2009.

Voici d’ailleurs ce que j’en disais déjà en 2006, soit avant les «Smart Phones» :

«Pagettes, cellulaires, agendas personnels, lignes ADSL, ordinateurs portables, Internet/intranet sans fil, terminaux portables, clés U3, Blackberry et iPods. Gadgets et applications “cool” donnent à l’employé d’aujourd’hui une formidable liberté de mouvement et lui permet d’être en contact avec ses collègues, amis, familles n’importe où et virtuellement sur-le-champ. D’un autre côté, connectivité implique accessibilité et disponibilité à toute heure du jour, des éléments qui manquaient cruellement aux Telcos jusqu’à tout récemment. Leur offre large bande ouvre tous les horizons…»

En fait la mobilité déstabilise aussi le pouvoir hiérarchique traditionnel car elle peut “théoriquement” libérer les employés-usagers de leur lieu de travail traditionnel et favoriser le télé-travail, permettant ainsi aux collaborateurs d’exploiter leur expertise où bon leur semble et parfois AVEC QUI BON LEUR SEMBLE et souvent gratuitement ou presque (Crowdsourcing).  Facteur hautement déstabilisant pour les entreprises où la hiérarchie et le contrôle en sont les piliers…

Les nouveaux mobiles comme le iPhone ne sont plus des téléphones mais bien les nouveaux ordinateurs du futur : faciles à utiliser, moins chers et sans disque dur, ils offrent la téléphonie mais aussi le courriel, l’internet et donc, l’accès aux applications que ce soit pour s’amuser, s’informer, colaborer, créer ou même… travailler. Imaginez bientôt ces milliards d’ordinateurs en train de générer des contenus et données personnelles ou d’entreprise !!!

Pas surprenant que tous les grands se positionnent pour profiter de cette manne. Une manne de dollars, bien entendu car le «Cloud Computing» et l’accès à nos données, nous coûtera de l’argent, probablement sous forme de facture mensuelle comme c’est présentement le cas pour le câble et l’électricité. De compagnies Web ou technologiques, Google, Microsoft, Amazon et les autres risquent ainsi de muter sous nos yeux et devenir les prochaines «Utilités publiques», comme le disent nos voisins américains et spécialement Nicholas Carr dans son bouquin «The Big Switch. Rewiring the World, from Edison to Google».

Entreprise 2.0 ou pas ainsi que simples citoyens auront ainsi accès à un nouveau «service Web». Les entreprises à des SaaS ou «Software as a service». Comme je l’écrivais plus tôt, déjà certaines grandes compagnies s’y mettent. Et contrairement à ce que croit Bertrand, les autres devraient suivre rapidement mais pas seulement en 2009… Mais celles qui le font en 2009 profiteront de ma troisième tendance :

L’innovation

Chris Anderson, du Magazine Wired parle d’une nouvelle ère, celle baptisée «The Age of Peer Production». Le travail devient “lieu-neutre” et la collaboration devient virtuelle plutôt que physique. Toutefois, ce paradigme est nouveau pour les entreprises ce qui leur impose encore là, des défis importants de reconversion (R&D), un nouveau style de gestion et des solutions technologiques novatrices. Encore et toujours les mêmes mots qui reviennent : Reconversion, nouvelle gestion, innovation…

Les entreprises qui sauront se servir des nouvelles technologies mises à leur disposition, bien les intégrer, bien les adopter, gérer le changement, et surtout adapter leurs processus de travail et surtout leur modes de gestion seront les entreprises innovantes qui devraient dominer la nouvelle économie.

Pour ce faire, je table sur deux changements profonds à opérer dans l’entreprise qui se veut 2.0. En fait, je n’aime pas cette dénomination. Parlons donc d’entreprise technologiquement et humainement innovante. Pour se sortir de cette crise mondiale, les entreprises se doivent de mettre l’accent sur l’innovation et pour ce faire, doivent impliquer leur principale force : la créativité de leurs employés. Mais pour que ces derniers participent, les entreprises doivent changer leurs processus traditionnels mais aussi leur hiérarchie traditionnelle.

Harnacher l’expertise collective nécessite une hiérarchie horizontale basée sur la collaboration et le participation ouverte. En cela, je prends à témoin Jon Husband et sa Wirearchy et Don Tapscott et ses Ideagoras. Les agoras d’idées de l’auteur du célèbre bouquin Wikinomics, vont permettre de libérer la créativité, dans la mesure où l’entreprise accepte de participer au processus, de l’encourager au lieu de le réprimer au nom du respect des normes, processus établis et hiérarchie bétonnée.

C’est du mélange d’une nouvelle hiérarchie plus horizantale, plus impliquée dans la collaboration et l’appui aux idées nouvelles et de l’ouverture d’espaces de création et de travail collectif qu’originera l’innovation, moteur de la sortie de crise et d’une croissance renouvelée. Et ce n’est pas pour rien que sur plusieurs des sites étiquetés Ideagoras, on parle d’innovation partout, même dans le nom. Innocentive, ça vous dit quelque chose ?  Et YourEncore, site consacré aux retraités et exemple parfait de ce qu’une entreprise pourrait faire pour récupérer l’expertise de ses retraités et leur permettre de participer au grand travail d’innovation, Des exemples de ce genre, ils sont légion : Ideastorm, chez Dell, MyStabuckidea, Mechanical Turk, etc.

Et sur ce, je ne puis qu’être d’accord avec l’ami Bertrand quand il conclue :

«Vous l’aurez compris, le vrai enjeu de l’entreprise 2.0 est la nature même de l’organisation, ce qui justifie qu’on oublie rapidement l’aspect trop connoté du 2.0.»

Cloud Computing Communication interactive

Travailler dans le «nuage» Web : faut bien donner l’exemple !

17 novembre 2008

Je sors de la conférence webcom-Montréal avec la conviction encore plus profonde que je me dois de donner l’exemple et finalement vaporiser mes données et applications dans le nuage Web, ce que l’on nomme pour l’instant le Cloud Computing. J’ai commencé, il y a longtemps à parler du phénomène des entrepôts de données ou encore «Information Factories».

J’ai aussi assisté et blogué sur un panel sur le «Cloud Computing» en juin dernier à la conférence Enterprise 2.0 Boston.

J’ai ensuite invité un des principaux acteurs de cette nouvelle informatique, Rishi Chandra de Google, à prendre à parole webcom-Montréal. J’ai aussi discuté de la question  avec un des rares québécois à travailler concrètement dans le nuage et à y inviter ses clients, soit l’ami Pascal Veilleux.

Fallait donc que je passe de la parole aux actes… Me dématérialiser dans l’Internet  et devenir encore plus un travailleur nomade et numérique, thème que nous avons abordé entre blogueurs montréalais il y a quelques semaines.

Ce WE, j’ai donc travaillé à me dématérialiser dans Google et autres-plates-formes Web. Je prévois également faire l’acquisition d’un Aspire One de Acer, comme celui de l’amie Patricia Tessier pour me «connecter» au nuage sans avoir ni données ni applications sur ce petit ordinateur-terminal, très léger, portable et facile à utiliser en mode conférence.

Voici donc comment je me suis dématérialisé :

Un compte Google pour le courriel (gMail), la suite bureautique (gDocs), la recherche (gSearch), le calendrier (gCalendar), la messagerie instantanée (gTalk) et l’analyse de mes stats. de site et de blogue (gAnalytics). Parlant de blogue, j’ai un compte WordPress, fait partie de la communauté MyBlogLog et suis classé par Technorati et Wikio.

Côté communautés sociales et professionnelles, je peux compter sur Facebook, LinkedIn, Viadeo et Plaxo. Pour les photos, c’est Picassa et Flickr, la vidéo DailyMotion, les présentations SlideShare alors que pour le téléphone c’est Skype, le carnet d’adresses et de téléphone Unyk et pour le micro-partage, c’est Twitter, TweetDeck et Seesmic.

Oh, il ne faut pas oublier le partage de fichiers. Cela peut se faire avec nombre de ces outils mais je pense m’installer un wiki personnel mais aussi conserver mon compte WhaleMail pour les fichiers trop importants. Et pour faire un tout cohérent ? Bien… J’hésite encore entre Netvibes iGoogle et Twine

J’ai oublié quelque chose, dites ???